Genes, memes, and temes

Every new replicator brings its dangers, which might explain why we have not yet heard from any other teme creatures. Life here on earth pulled through the first step, we humans pulled through the appearance of memes and hence culture. Will we pull through the third step? I don’t know.

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Don’t think intelligence – think replicators!

I’ve just got back from TED 2008, where I presented some ideas on “Memes in the Cosmos”. Getting a new replicator is always dangerous for any planet because it means a new evolutionary process is let loose. We humans are earth’s “Pandoran species” who let the second replicator – memes – out of the box. We then became meme machines, protecting, copying and working for memes.

Earth now has three replicators – genes (the basis of life), memes (the basis of human culture) and temes (the basis of technology). I argued that the information copied by books, phones, computers and the Internet is the beginning of this third replicator and consequent new evolutionary process. We already have plenty of temes. We are on the verge of having true teme machines, that is machines that carry out all three processes of copying, varying and selecting information without us. This new teme evolution is fast, and powerful and we would do well to try to understand it.

At the moment temes still need us, but if teme machines became self-replicating then we humans would be redundant and they could carry on without us. The two talks before mine, by Craig Venter and Paul Rothemund, suggested that this step is closer than I had thought. This is important because temes currently use us to propagate themselves. In the process they are sucking up the planet’s resources and threatening to make it uninhabitable. If anything of our civilisation is to survive then either we have to ensure that climate change and environmental degradation do not kill us off, or self-replicating teme machines must appear before this happens.

When thinking about civilisations on other planets we should not concentrate on intelligence (as in SETI) but on replicators. In 1961 Frank Drake proposed his famous equation to estimate the number of civilisations in our galaxy capable of communicating with us. Instead I proposed a new equation – the number of planets times the fraction that acquire a first replicator, times the fraction that acquire a second replicator, times the fraction that acquire a third replicator. For it is only with temes that a planet can send out information into the cosmos and hence communicate with anyone else out there.

Source:http://www.susanblackmore.co.uk/images/TED_Equation.jpg
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Every new replicator brings its dangers, which might explain why we have not yet heard from any other teme creatures. Life here on earth pulled through the first step, we humans pulled through the appearance of memes and hence culture. Will we pull through the third step? I don’t know.

Within hours these ideas were already out on the web. See, for example, Boingboing, the TEDblog, or a Q and A in Wired. Within a couple of days the word “teme” brought up several hundred relevant Google entries. So the teme meme seems to be spreading. But help please !!!

I don’t think “teme” is a very good word. I wanted a word that would describe information that is copied outside of human brains by some kind of technology. These are technological memes, or techno-memes, or …. an obvious abbreviation is “teme” but it’s so easily confused with “team” (indeed Wired mis-spelt it this way). What about artemes (artificial memes – but really they are no more artificial than we are). Or …

If you can think of a better name for the third replicator then please let me know.

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S’éveiller du rêve des mêmes

Je connais deux systèmes qui sont capables de démanteler les complexes de Mêmes (quoique je sois convaincue qu’il y en a d’autres). Bien sûr, ces systèmes sont eux-mêmes des Mêmes mais ce sont, si on veut, des désinfectants de Mêmes, des Mêmes mangeurs de Mêmes, ou des “complexes de Mêmes qui détruisent des complexes de Mêmes.” Ce sont la science et le Zen.

Conférence présentée lors de The Psychology of Awakening:

International Conference on Buddhism, Science and Psychotherapy Dartington 7-10 Novembre 1996

— Réveillez-vous! Réveillez-vous!

— Heeeeeu, hummmm, grrrrggr, Ouais, j’suis réveillée, maintenant. Ouaouh! Quel rêve bizarre. J‘étais convaincue qu’il fallait que j’arrive à sortir du lave-vaisselles et qu’il était d’une importance capitale que j’arrive à temps dans l’armoire. Quelle connerie! Evidemment, maintenant, je me rends compte que c‘était pas vrai.

— Réveillez-vous! Réveillez-vous!

— Qu’est-ce que tu veux dire, “réveillez-vous”, je suis déjà réveillée. C’est vrai, ce qui se passe; ça en a de l’importance. Je ne peux plus me réveiller. Casse-toi!

— Réveillez-vous! Réveillez-vous!

— Mais je comprends pas – De quoi? Et comment?

Ce sont les questions dont je vais traiter aujourd’hui. De quoi c’est qu’il faut qu’on se réveille? Et comment? Mes réponses seront “Du Rêve des Mêmes” et “En constatant que c’est un rêve de Même”. Mais ça pourra prendre un moment pour l’expliquer!

L’histoire est longue, dans les traditions spirituelles et religieuses, de l’idée que la vie éveillée normale est un rêve ou une illusion. Ca n’a aucun sens pour quelqu’un qui regarde autour de lui et est convaincu que ce qu’il voit est un monde réel et qu’il y a un Moi qui le perçoit. Cependant, il y a de nombreux indices à l’effet que cette conception ordinaire est fausse.

Certains de ces indices proviennent d’expériences mystiques spontanées, au cours desquelles les gens “voient la lumière”, se rendent compte que tout est un, et vont “au-delà du Moi” pour voir le monde “tel qu’il est vraiment”. Ils sont sûrs que leur nouvelle manière de voir est meilleure et plus exacte que l’ancienne (bien qu’il soit évident qu’ils puissent se tromper!). D’autres indices proviennent de la pratique spirituelle. Il est probable que la première chose que n’importe qui découvre lorsqu’on essaye de méditer, ou d‘être attentif et concentré, c’est que notre esprit est constamment plein de pensées. Celles-ci ne sont habituellement ni sages ni merveilleuses, ni même utiles ou productives, mais ne sont que du babillage incessant. Du profondément insignifiant à l‘émotionellement embrouillé, elles continuent sans fin. Et ce qui est pis, c’est qu’elles impliquent presque toujours “moi”. Le pas est vite franchi de se demander qui est ce “moi” souffrant et pourquoi “Je” ne peux arrêter les pensées.

En fin de compte, les indices proviennent de la science. La conclusion la plus évidente et la plus effrayante de la neurologie moderne, c’est qu’il n’y simplement personne à l’intérieur du cerveau (note de michel proulx: il s’agit d’une allusion à la théorie antiquissime de l’homunculus, le petit bonhomme qui’il y aurait à l’intérieur, à diriger la machine). Plus on en apprend sur la façon dont fonctionne le cerveau, et moins il semble avoir besoin d’un contrôleur central, une petite personne à l’intérieur, un décideur de décisions ou un expérimenteur d’expériences. Ceux-ci ne sont que des fictions —une partie de l’histoire que le cerveau se raconte à lui-même au sujet d’un moi à l’intérieur (Churchland et Sejnowski, 1992; Dennett, 1991).

Certains disent que ça ne sert à rien de chercher à comprendre intellectuellement les sujets spirituels. Je ne suis pas d’accord.

Il est exact que la compréhension intellectuelle n’est pas la même chose que la réalisation, mais ceci ne signifie pas qu’elle soit inutile. Dans ma propre tradition de pratique, le Zen, il y a beaucoup de place pour le combat intellectuel; par exemple, dans la culture de “l’esprit de je ne sais pas”, ou en travaillant sur des kôans. On peut porter une question à un tel niveau de confusion intellectuelle qu’elle peut être tenue, soupesée, dans toute sa complexité et simplicité. Comme “Qui suis-je?”, “Qu’est ceci?” ou (un avec lequel je me suis débattue) “Qu’est-ce qui te pousse?”.

Il y a aussi un danger terrible dans le refus d‘être intellectuel à propos des sujets de spiritualité. C’est que nous courrons le danger d’isoler notre pratique spirituelle de la science dont dépend toute notre société. Si cette société doit acquérir une quelconque profondeur spirituelle, celle-ci devra coincider heureusement avec notre compréhension croissante des opérations du cerveau et de la nature de l’esprit. Nous ne pouvons pas nous permettre un monde dans lequel les scientifiques comprendraient l’esprit, et un autre dans lequel certaines personnes spécifiques atteindraient l’Eveil.

Je présente donc mes excuses pour ma démarche. Je vais tenter de répondre à mes questions en utilisant ce que je puis trouver de mieux comme science. On dirait que nous vivons dans un embrouillamini dont nous croyons qu’il importe à un moi qui n’existe pas. Je voudrais en trouver la raison.

La Dangereuse Idée de Darwin

Il y a une idée scientifique qui, selon moi, dépasse toutes les autres. Elle est extrêmement simple et belle. Elle contient les origines de toutes les formes de vie et de toute conception biologique. Elle se passe du besoin d’un Dieu créateur, d’un concepteur, d’un plan directeur ou d’un but à l’existence. Ce n’est qu‘à la lumière de cette idée que tout ce que comprend la biologie a du sens. C’est évidemment, l’idée de l‘évolution des espèces par sélection naturelle, de Darwin. Les implications de la sélection naturelle sont si profondes que les gens en ont été sidérés ou enragés, fascinés ou scandalisés, depuis qu’elle a été proposée pour la première fois dans “L’Origine des Espèces” en 1859. C’est pour cette raison que Dennett (1995) l’appelle l’Idée Dangereuse de Darwin. Malheureusement, ils sont nombreux ceux qui ont mal compris l’idée et qui, pire, l’ont utilisée pour défendre des doctrines politiques indéfendables qui n’ont rien à voir avec le darwinisme. J’espère donc que vous me pardonnerez si je prend un peu de temps pour l’expliquer le plus clairement possible.

Tout ce dont on a besoin pour amorcer la sélection naturelle , c’est un réplicateur dans un environnement approprié. Un réplicateur, c’est quelque chose qui se copie lui-même, quoique pas toujours parfaitement. L’environnement doit être celui dans lequel le réplicateur peut créer le plus de copies de lui-même, sans qu’elles soient toutes en mesure de survivre. Voilà.

Est-il possible que ce soit si simple? Oui. Tout se produit de la même façon – dans n’importe quelle génération de copies, toutes les copies ne sont pas identiques et certaines sont plus capables de survivre dans cet environnement que les autres. En conséquence, elles font davantage de copies d’elles-mêmes de sorte que ce type de copie devient plus nombreux. Evidemment, les choses commencent alors à se compliquer. La population de copies en rapide expansion commence à modifier l’environnement et ceci modifie les pressions sélectives. les variations locales de l’environnement impliquent que différentes sortes de copies se débrouilleront bien à différents endroits causant ainsi bien plus de complexité encore. C’est ainsi que le processus peut produire toutes les sortes de complexité organisée que nous voyons dans le monde vivant — et pourtant tout ce qu’il faut, c’est ce processus simple, élégant, beau et évident qu’est la sélection naturelle.

Pour rendre les choses plus concrètes, imaginons une soupe primitive dans laquelle un simple réplicant chimique a surgi. Nous appellerons ces réplicants des “Blobbies”. Ces blobbies, en vertu de leur constitution chimique, fabriquent des copies d’eux-mêmes à chaque fois qu’ils trouvent les bons produits chimiques. Bien, mettons les dans un marais chimique bien riche et ils vont commencer à se copier, quoiqu’avec des erreurs occasionnelles. Quelques millions d’années passent et on trouve des tas de sortes de blobbies. Ceux qui ont besoin de beaucoup de marécageon ont utilisé toutes les ressources et périclitent, de sorte que ceux qui utilisent l’isomarécagine à la place se débrouillent beaucoup mieux. Bientôt, on trouve plein d’endroits où différents produits chimiques prédominent et où différentes sortes de blobbies apparaîssent. La compétition pour les produits chimiques du marécage devient féroce et la plupart des copies qui sont faites crèvent. Seules celles qui, par une rare fortune, se révèlent posséder d’astucieuses nouvelles propriétés continuent à se répliquer encore et encore. Ces propriétés astucieuses pourraient comprendre la capacité de se déplacer et de trouver le marécageon, d’isoler l’isomarécagine3-7 et de s’y accrocher, ou de construire des membranes autour d’elles-mêmes. Une fois que des blobbies à membrane apparaissent, ils vont commencer à l’emporter sur ceux qui flottent à la surface et on obtient des super-blobbies. Encore quelques millions d’années passent et on découvre des trucs, comme de prendre d’autres blobbies à l’intérieur de la membrane, ou de joindre plusieurs super-blobbies ensemble. Des hyper-super-blobbies apparaissent, comme des animaux multi- cellulaires avec des réserves d‘énergie et des parties spécialisées pour se déplacer et se protéger. Cependant, ces derniers ne sont que pitance pour des hyper-super-blobbies encore plus gros. Ce n’est plus qu’une question de temps avant que les variations aléatoires et la sélection naturelle ne créent un vaste monde vivant. Au cours du processus, des milliards et des milliards de blobbies infructueux auront été créés et seront morts, mais c’est ce lent et aveugle processus qui crée les “biens”. Les “biens”, sur notre planète incluent les bactéries et les plantes, les poissons et les grenouilles, les ornithorynques à bec de canard et nous.

La forme surgit de nulle part. Il n’est nul besoin d’un créateur ou d’un plan directeur, et il n’y a aucun point final vers lequel se dirige la création. Richard Dawkins (1996) appelle ça “L’Escalade du Mont Improbable”. Il s’agit seulement d’un processus simple mais inexorable par lequel des choses incroyablement improbables sont créées.

Il est important de se rappeller que l‘évolution n’a aucune vision d’avenir et ne produit donc pas nécessairement la “meilleure” solution. L‘évolution ne peut que procéder par où elle se trouve à l’instant. C’est pour ça que, entre autres, nous avons un oeil d’une conception aussi débile, avec tous les neurones qui passent par devant la rétine et se trouvent dans le chemin de la lumière. Il n’y avait pas de créateur par là pour dire ‘Ho! Recommencez-moi ce truc! Il faut faire passer le cablage par derrière”. Il n’y en avait pas un non plus pour dire “Ho! Arrangeons ça pour que ce soit agréable pour les humains!” Les gênes, eux, ils s’en fichent. En comprenant le fantastique processus de la sélection naturelle, nous pouvons voir comment nos corps humains sont comme ils sont venus à être. Mais qu’en est-il de nos esprits? La psychologie évolutioniste ne répond pas facilement à mes questions. Par exemple, pourquoi pensons-nous tout le temps? D’un point de vue génétique, ça peut sembler un gaspillage extrême – et les animaux qui gaspillent leur énergie ne survivent pas. Le cerveau utilise jusque 20% de l‘énergie du corps alors qu’il n’en pèse que 2%. Si nous pensions des pensées utiles, ou résolvions des problèmes pertinents, ça pourrait encore aller, mais pour la plupart, ce n’est pas ce qu’il semble. Alors, pourquoi ne pouvons-nous pas simplement nous asseoir et ne pas penser?

Pourquoi croyons-nous en un ego qui n’existe pas? Quelqu’un pourrait expliquer ceci en termes évolutionistes, mais ça semble insensé, au moins superficiellement. Pourquoi construire une fausse idée d’un égo, avec tous ses mécanismes pour protéger l’amour-propre et sa crainte de l‘échec et de la perte, alors que du point de vue biologique, c’est le corps qui a besoin de protection. Remarquez que si nous nous voyions nous-mêmes comme un organisme entier, il n’y aurait pas de problème, mais ce n’est pas le cas — au contraire, on dirait que nous croyons en un égo séparé; quelque chose qui serait en charge du corps; quelque chose qui doit être protégé en lui-même. Je parie que si on vous demandait “Que préférez-vous perdre — votre corps, ou votre esprit?” vous ne mettriez pas longtemps à décider. Comme bien d’autres scientifiques, j’aimerais bien découvrir un principe aussi simple, aussi beau et élégant que la sélection naturelle qui expliquerait la nature de l’esprit.

Je crois qu’il y en a un. Il est apparenté de très près à la sélection naturelle. Bien qu’il traîne dans le paysage depuis une vingtaine d’années, il n’a pas encore été pleinement mis à contribution. C’est la théorie des Mêmes.

Une brève histoire du même des Mêmes

En 1976 Richard Dawkins écrivit ce qui fut probablement le livre le plus populaire jamais publié sur l‘évolution – The Selfish Gene (Le Gêne égoiste).

Ce livre donnait un nom accrocheur à la théorie qui veut que l‘évolution procède entièrement en fonction des réplicants égoistes. C’est-à-dire que l‘évolution ne se produit pas pour le bien de l’espèce, ni pour celui du groupe, pas plus que pour l’organisme individuel. Ce n’est que pour le bien des gênes. Les gênes qui sont efficaces s‘étendent et ceux qui ne le sont pas ne le font pas. Le reste est entièrement conséquence de ce fait.

Evidemment, le principal réplicant qu’il prenait en compte était le gêne, une unité d’information codée dans l’ADN et affichée dans la synthèse protéique. Cependant, à la toute fin de son livre, il prétendit qu’il existait un autre réplicant sur cette planète: le Même.

Le Même est une unité d’information (ou instruction de comportement) engrangée dans le cerveau et communiquée par imitation d’un cerveau à un autre. Dawkins donnait des exemples: les idées, les airs de musique, les théories scientifiques, les croyances religieuses, les modes vestimentaires, les techniques telles que de nouvelles manières de tourner des pots ou de construire des voûtes.

Les implications de cette idée sont renversantes, et Dawkins en énumérait quelques unes. Si les Mêmes sont vraiment des réplicants, alors inévitablement, ils se comporteront de manière égoïste. C’est-à-dire que ceux qui sont bons pour se répandre vont se répandre et ceux qui le sont pas ne vont pas le faire. En conséquence de quoi, le monde des idées – ou mémosphère – ne va pas s’emplir des idées les meilleures, les plus véridiques, les plus pleines d’espoir ni les plus utiles, mais avec les survivantes. Les Mêmes ne sont, comme les gênes, que des survivants.

Dans le cours du processus de survie, ils vont, tout comme les gênes, créer des groupes de Mêmes d’entraide mutuelle.

Rappellez-vous les blobbies. En quelques millions d’années ils se sont mis à se rassembler en groupes, parce que ceux qui étaient en groupes survivaient mieux que les solitaires. les groupes sont devenus plus gros et plus efficaces et ont évolué en un écosystème complexe. Dans le vrai monde de la biologie, les gênes se sont regroupés pour créer d‘énormes créatures qui ensuite s’accouplent et font passer les gênes. De manière similaire, les Mêmes peuvent se regrouper dans les cerveaux humains et remplir le monde des idées avec leurs produits.

Si cette conception est correcte, alors les Mêmes devraient pouvoir évoluer de façon assez indépendante des gênes (à part d’avoir besoin d’un cerveau). Il y a eu de nombreuses tentatives d‘étudier l‘évolution culturelle, mais la plupart traitent implicitement les idées (ou Mêmes) comme étant subordonnées aux gênes (cf. par ex. Cavalli-Sforza et Feldman, 1981; Crook, 1995; Durham,1991; Lumsden et Wilson, 1981). La puissance qui résulte de la prise de conscience que les Mêmes sont des réplicants provient de ce qu’on peut les voir comme ne travaillant purement et simplement que dans leur propre intérêt. Evidemment, jusqu‘à un certain point, les Mêmes réussiront d’autant mieux qu’ils seront utiles à leurs hôtes, mais ce n’est pas là pour eux la seule façon de survivre – et nous allons bientôt en voir certaines conséquences. Depuis qu’il a suggéré pour la première fois l’idée des Mêmes, Dawkins a discuté de l’extension de comportements tels que de porter des casquettes de baseball à l’envers (mes enfants ont récemment retourné les leurs à l’endroit!), l’utilisation de certaines marques de vêtements pour identifier les bandes, et (le plus évidemment) le pouvoir des religions. Les religions sont, selon Dawkins (1993), d‘énormes complexes de Mêmes co-adaptés; c’est-à-dire des groupes de Mêmes qui se tiennent ensemble pour s’entraider mutuellement et donc survivre mieux que des Mêmes solitaires ne pourraient le faire. D’autres complexes de Mêmes incluent les sectes, les systèmes politiques, les systèmes de croyances alternatifs et les théories et paradigmes scientifiques.

Les religions sont spéciales parce qu’elles utilisent pratiquement tous les trucs du manuel des Mêmes (ce qui est probablement la raison pour laquelle elles durent si longtemps et infectent autant de cerveaux). Pensez-y de cette façon: l’idée d’un Enfer est utile au début parce que la crainte de l’enfer renforce les comportements socialement désirables. Alors ajoutez-y l’idée que les incroyants (mécréants) vont en enfer, et le Même et tous se compagnons sont bien protégés. L’idée de Dieu est un Même-compagnon naturel, apaisant la crainte et fournissant un (faux) confort. L’expansion des complexes de Mêmes est aidée par les exhortations à convertir les autres et par des trucs tels que le célibat des prêtres. Le célibat est un désastre pour les gênes, mais il aidera à répandre les Mêmes, vu qu’un prêtre célibataire dispose de plus de temps pour répandre sa foi.

Un autre truc consiste à accorder de la valeur à la foi et à supprimer les doutes qui conduisent tout enfant à poser des questions difficiles comme “Où est l’enfer?” et “Si Dieu esst si bon, pourquoi permet-il que ces gens soient torturés?” Remarquez que la science (et certaines formes de Bouddhisme) font le contraire et encouragent le doute.

Finalement, une fois infectés par ces complexes de Mêmes, ils sont difficiles à éliminer. Si vous le tentez, certains vont même se protéger dans leurs derniers retranchements avec des excommunications ou des menaces de mort ou de feux de l’enfer pour l‘éternité.

Il ne faudrait pas que je me laisse emporter. Ce à quoi je veux en venir, c’est que ces Mêmes religieux n’ont pas survécu pendant des siècles parce qu’ils sont vrais, parce qu’ils sont utiles aux gênes ou parce qu’ils nous rendent heureux. En fait, je crois qu’ils sont faux et qu’ils sont responsables des pires misères de l’histoire humaine. Non – ils ont survécu parce que ce sont des Mêmes égoïstes et qu’ils savent bien survivre – Ils n’ont pas besoin d’autre raison.

Une fois qu’on commence à penser ainsi, une perspective véritablement effrayante s’ouvre devant nous. Nous nous sommes tous habitués à penser que nos corps sont des organismes biologiques créés par l‘évolution. Et pourtant, il nous plait toujours de penser que nos egos sont quelque chose de plus. Nous sommes chargés de nos corps, nous menons la barque, nous décidons quelles idées il nous faut croire et lesquelles il nous faut rejeter. Mais le faisons-nous vraiment? Si on commence à réfléchir aux Mêmes égoïstes, il devient vite clair que nos idées sont dans nos têtes parce que ce sont des Mêmes à succès. Le philosophe américain Dan Dennett (1995) conclut qu’une “personne” est une espèce spécifique d’animal infesté par les Mêmes. En d’autres mots, vous et moi et tous nos amis sommes les produits de deux réplicants aveugles; les gênes et les Mêmes.

Je trouve ces idées absolument époustouflantes. Potentiellement, nous pourrions comprendre tout de la vie mentale en termes de compétition entre Mêmes, tout comme nous pouvons comprendre toute vie biologique en termes de compétition entre les gênes.

Ce que je voudrais faire maintenant, en fin de compte, c’est appliquer les idées de la Mêmetique aux questions que j’ai posées au début. de quoi nous éveillons-nous et comment le faisons-nous?

Pourquoi ma tête est-elle si pleine de pensées?

La réponse à cette question est d’une facilité ridicule, une fois qu’on a commencé à penser en termes de Mêmes. Si un Même doit survivre, il lui faut être bien à l’abri dans un cerveau humain et transmis avec précision à davantage de cerveaux. Un Même qui s’enfouit profondément dans la mémoire et ne se montre plus jamais à la surface va tout simplement disparaître. Un Même qui devient extrêmement distordu dans la mémoire ou au cours de la transmission va aussi disparaître. Une manière simple d’assurer sa survie pour un Même, c’est d‘être répété continuellement dans nos têtes.

Prenez deux airs. L’un d’eux est difficile à chanter et même encore plus difficile à se le chanter à soi-même en silence. L’autre est un petit machin accrocheur que vous ne pouvez presque pas vous empêcher de fredonner. Alors vous le faites. Ca continue et ca continue. La prochaine fois que vous avez envie de chanter à haute voix, cet air est très susceptible d‘être celui que vous chanterez. Et si quelqu’un l’entend, il le reprendra. C’est comme ça que vient le succès, et c’est pour ça que le monde est si plein d’airs accrocheurs affreux et de jingles de publicité.

Mais il y a une autre conséquence. Nos cerveaux en deviennent pleins. Ces Mêmes à succès sautent d’une personne à l’autre, et remplissent l’esprit de leur hôte au passage. De la sorte, nos esprits deviennent de plus en plus pleins.

Nous pouvons appliquer la même logique à d’autres sortes de Mêmes. Les idées qui tournent et retournent dans nos têtes auront du succès. Non seulement allons nous bien nous en rappeler, mais la prochaine fois que nous serons en train de parler à quelqu’un, ce seront les idées que nous aurons “en tête” et c’est comme ça qu’elles se transmettront. Elles pourront y arriver en étant émotionnellement chargées, excitantes, facilement mémorisables ou pertinentes pour nos soucis de l’instant. Peu importe comment elles y arrivent. Le fait est que les Mêmes qui arrivent à se faire répéter l’emportent sur ceux qui ne le sont pas. La conséquence évidente en est que nos têtes sont vite remplies d’idées. Toute tentative de nettoyer l’esprit ne fait que faire de la place pour d’autres Mêmes.

Cette simple logique explique pourquoi il est si difficile pour nous de nous asseoir et de “ne pas penser”, et pourquoi cette bataille pour dompter “nos” pensées est perdue d’avance. Dans un sens très réel, elles ne sont pas du tout “nos” pensées. Elles ne sont que des Mêmes qui réussisent à exploiter efficacement nos ondes cérébrales du moment.

Ce qui soulève la question délicate à savoir qui pense ou ne pense pas. Qui est-ce qui se bat contre ces Mêmes égoïstes? En d’autres mots, qui suis-je?

Qui suis-je?

Je suppose que vous pouvez dès maintenant deviner ce que sera ma réponse à cette question. Nous ne sommes que des complexes de Mêmes co-adaptés. nous, nos précieux et mythiques “egos”, ne sommes que des groupes de Mêmes égoïstes qui se sont rassemblés par et pour eux-mêmes. Il s’agit d’une idée proprement époustouflante, et, à mon expérience, mieux on la comprend et plus elle devient folle et fascinante. Elle démantèle notre façon ordinaire de nous penser nous-mêmes et soulève des questions bizarres sur notre relation avec nos idées. Pour la comprendre, il nous faut réfléchir au comment et au pourquoi des Mêmes se rassemblent en groupes.

De même qu’avec les blobbies ou les gênes, les Mêmes en groupes sont davantage à l’abri que les Mêmes solitaires. Une idée fermement sertie dans un complexe de Mêmes a plus de chances de survie dans la mémosphère qu’une idée isolée. C’est peut-être parce que les idées à l’intérieur des groupes de Mêmes sont échangées en vrac (c-à-d. lorsque quelqu’un se convertit à une croyance, une théorie ou une tendance politique), se soutiennent mutuellement — par ex., si vous détestez l‘économie ultra-libérale, vous pourriez aussi être en faveur d’une généreuse protection sociale), et ils se protègent de la destruction. S’ils ne le faisaient pas, ils ne dureraient pas et ne seraient plus là aujourd’hui. Les complexes de Mêmes que nous rencontrons sont tous ceux qui ont réussi!

Comme les religions, l’astrologie est un complexe de Mêmes à succès. Il es peu probable que l’idée que les Lions s’entendent bien avec les Verseaux aurait pu survivre toute seule, mais en tant que partie de l’astrologie, elle est facile à mémoriser et à transmettre. L’astrologie exerce une attirance évidente qui la met dans nos cerveaux dès le départ; elle fournit une jolie (quoique fausse) explication aux différences humaines et une sensation de prédictibilité réconfortante (quoique erronée). Elle peut se répandre facilement (on peut y ajouter de nouvelles idées à l’infini!) et elle résiste très bien aux preuves contraires. En fait, le résultat de centaines d’expériences montre que les prétentions de l’astrologie sont fausses mais ça n’a pas pour autant réduit la croyance en elle d’un iota (Dean, Mather and Kelly, 1996). Il est clair qu’une fois qu’on croit en l’astrologie, il est très difficile de déraciner toutes les croyances et de leur trouver des alternatives. Ça n’en vaut peut-être pas la peine. C’est ainsi que nous devenons tous des hôtes inconscients d’un énorme bagage de complexes Mêmiques inutiles et parfois dommageables.

L’un d’eux est moi.

Pourquoi est-ce que je dis que l’ego est un complexe de Mêmes? Parce que ça marche de la même façon que tous les autres complexes de Mêmes. Comme pour l’astrologie, l’idée d’un “soi” a une bonne raison de s’installer, dès le départ. Ensuite, une fois en place, les Mêmes à l’intérieur du complexe s’entraident mutuellement, on peut leur en rajouter presqu‘à l’infini, et tout le complexe est résistant à toute preuve de sa fausseté.

Pour commencer, l’idée d’un ego doit entrer là. Imaginons une créature sociale très intelligente mais sans le langage. Elle aura besoin d’un sentiment du soi pour prédire le comportement des autres (Humphrey, 1986) et pour traiter la propriété, la tromperie, les amitiés et les alliances (Crook, 1980).

Avec ce simple sentiment du soi, elle peut savoir que sa fille a peur d’une femelle de haut rang et elle peut prendre des mesures pour la protéger, mais elle ne possède pas le langage avec lequel elle pourrait penser “Je pense que ma fille a peur… etc.”. C’est avec le langage que les Mêmes démarrent vraiment – et avec le langage que “Je “ apparaît. Des tas de Mêmes simples peuvent alors s’unir en tant que “mes” croyances, désirs et opinions.

Comme exemple, prenons l’idée des différences de sexe au plan de l’habileté. En tant qu’idée abstraite (ou Même isolé) elle a peu de chances de succès. Mais donnez-lui la forme “Je crois en l‘égalité des sexes” et tout soudain elle a acquis l‘énorme poids du “soi” derrière elle. “Je” me battrai pour cette idée comme si j‘étais menacé. Je pourrais argumenter avec des amis, écrire de mots d’opinion, participer à des marches de protestation. Le Même est à l’abri au port du “soi” même face aux preuves qui l’invalident. “Mes” idées sont protégées. C’est alors qu’elles commencent à proliférer. Les idées qui peuvent s’installer dans un égo – c’est-à-dire devenir “mes” idées, ou “mes” opinions, ont du succès. De sorte qu’on en attrape tout plein. A peine s’en rend-on compte que “nous” sommes un vaste conglomérat de Mêmes à succès. Evidemment, il n’y a aucun “Je” qui “ait” les opinions. C’est évidemment un non-sens lorsqu’on y songe sérieusement. Bien sûr, il y a un corps qui dit “Je crois qu’il faut être correct avec les gens” et un corps qui est (ou n’est pas) correct avec les gens, mais il n’y a pas en prime un ego qui “a” les croyances.

Maintenant, nous avons une idée radicalement neuve de qui nous sommes. Nous ne sommes que des conglomérats temporaires d’idées, fondues ensembles pour leur propre protection. L’analogie avec nos corps est proche. Les corps sont les créations de complexes temporaires de gênes: bien que chacun de nous soit unique, les gênes eux-mêmes proviennent tous de créatures précédentes et, si nous nous reproduisons, continueront en de futures créatures. Nos esprits sont la création de complexes temporaires de Mêmes: bien que chacun de nous soit unique, les Mêmes eux-mêmes proviennent de créatures précédentes et, si nous parlons, écrivons et communiquons, continueront en de futures créatures. C’est tout. Le problème, c’est que nous ne voyons pas les choses comme ça. Nous croyons qu’il y a vraiment quelqu’un à l’intérieur qui s’occupe de croire, et vraiment quelqu’un qui a besoin qu’on le protège. C’est ça, l’illusion – c’est ça le rêve de Mêmes dont nous pouvons nous éveiller

Démanteler le Rêve de Mêmes.

Je connais deux systèmes qui sont capables de démanteler les complexes de Mêmes (quoique je sois convaincue qu’il y en a d’autres). Bien sûr, ces systèmes sont eux-mêmes des Mêmes mais ce sont, si on veut, des désinfectants de Mêmes, des Mêmes mangeurs de Mêmes, ou des “complexes de Mêmes qui détruisent des complexes de Mêmes.” Ce sont la science et le Zen.

La science y arrive à cause de ses idéaux de vérité et de recherche de preuves. Elle n’est pas toujours à la hauteur de ces idéaux, mais en principe, elle est capable de détruire tout complexe de Mêmes non-véridique en le soumettant à la question, en demandant des preuves, ou en organisant une expérience.

Le Zen fait ça aussi, quoique les méthodes soient complètement différentes. Dans l’entraînement Zen, tout concept est soumis à examen, rien n’est laissé sans être examiné, même l‘égo qui mène l’examen doit être maintenu sous la lumière et interrogé. “Qui t’es, toé?”

Après quelque quinze ans de pratique du Zen, et en relisant les Trois Piliers du Zen de Philip Kapleau, j’ai commencé à travailler le kôan “Qui…?”. L’expérience a été très intéressante, et je peux au mieux la comparer à l’observation d’un Même en train de déboutonner d’autres Mêmes. Chaque pensée qui surgit au cours de la méditation était contrée par “Qui est-ce qui pense ça?” ou “Qui c’est qui voit ça?” ou Qui est-ce qui ressent ça?” ou juste “Qui…?”. de considérer le faux soi comme un vaste complexe de Mêmes m’a paru aider – parce qu’il est bien plus facile de lâcher prise sur des Mêmes de passage que sur un ego réel, solide et permanent. C’est bien plus facile de laisser le déboutonneur de Mêmes faire son boulot si vous savez que tout ce qu’il fait, c’est de déboutonner des Mêmes.

Un autre de mes kôans est tombé face aux Mêmes. Q.: Qui te mène?”. R.: Les Mêmes, évidemment.” Il ne s’agit pas là d’une simple réponse intellectuelle, mais d’une façon de se voir comme une construction temporaire transitoire. La question se dissout lorsque le soi et le conducteur sont tous deux vus comme des Mêmes.

Il m’a fallu faire un long détour pour répondre à mes questions, mais j’espère que vous pouvez maintenant comprendre mes réponses. “De quoi c’est qu’il faut qu’on se réveille?” – “Du rêve des Mêmes, évidemment.” – “Et comment?” – “En constatant que c’est un rêve de Même”.

Et qui c’est qui laisse le déboutonneur de Mêmes faire son truc? Qui c’est qui se réveille quand le rêve des Mêmes est démantelé? Ah, en voilà une question.

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Svegliarsi dal sogno dei memes

Ho dovuto fare un lungo giro per rispondere alle mie domande, ma spero che potete adesso capire le mie risposte. “Da che dobbiamo svegliarci?” – “Dal Sogno dei Meme, naturalmente” – “E come?” – “Col vedere che si tratta di un sogno di Meme”.

Conferenza data in occasione di The Psychology of Awakening:
International Conference on Buddhism, Science and Psychotherapy Dartington 7-10
Novembre 1996

Replicazione: la teoria dei Meme.

Queste sono le domande che intendo trattare oggi. Da che dobbiamo svegliarci? E come? Le mie risposte saranno “Dal Sogno di Meme” e “Tramite il vedere che si tratta di un sogno di Meme”. Ma ci vorra probabilmente un po’ di tempo a spiegarlo!

C’e’ una lunga storia, nelle tradizioni spirituali e religiosi, dell’idea che la vita desta normale e’ un sogno o un’ illusione Questo non fa nessun senso per chi si guarda intorno ed e’ convinto che c’e’ un mondo reale li’ fuori, e un ego che lo percepisce. Eppure, ci sono molti indizi che questa concezione ordinaria e’ falsa. Certi indizi provengono da sperimenti mistici spontanei nei quali la gente “vede la luce!”, si rende conto che tutto e’ uno, e vanno “aldila’ del ego” per vedere il mondo “come e’ davvero”. Sono certi che il loro nuovo modo di vedere vale meglio ed e’ piu’ vero dal vecchio (benche’ potrebbero naturalmente sbagliare!). Altri indizi provengono dalla prattica spirituale. E’ probabile che la prima cosa che qualcuno possa scoprire quando incommincia a meditare, o cerca di mantenere la concentrazione, e’ che la loro mente e’ costantemente piena di pensieri. Di solito non sono quei pensieri ne saggi ne maravigliosi, e neanche utili o produttivi, ma soltanto chiacchere incessanti. Dal più meschino all’emozionalmente impegolato, continuano senza tregua. E di piu’, implicano quasi tutti “io”. Non ci vuole molto per chiedersi chi e’ questo “io” sofferente, e perche “io” non ce la fa a fermare i pensieri.

Finalmente, gli indizi provengono dalla scienza. La conclusione la piu’ovvia (e la piu’ spaventosa) della neuroscienza moderna e’ che non c’e nessuno all’interno del cervello (nota di michel proulx: e’ la vecchia teoria dell’omuncolo, o Homunculus) Piu’ impariamo a proposito del modo in cui funziona il cervello, meno sembra necessitare un controllore centrale, una piccola persona all’interno, un decidatore delle decisioni o uno sperimentatore degli sperimenti. Questi sono soltanto finzioni – parte della storia che racconta se stesso il cervello di un “io” all’interno (Churchland e Sejnowski, 1992; Dennett, 1991).

C’e’ chi dice che non serve nulla cercare una comprensione intellettuale di fatti spirituali. Non sono d’accordo.

E vero che la comprensione intellettuale non e’ uguale con la realizzazione, ma questo non significa che non serve a niente. Nella mia tradizione della prattica, lo Zen, vi e’ molto spazio per la lotta intellettuale; per esempio, nella coltivazione del Koan della “Mente che non sa”, o nel lavorare con i Koan. Si puo’ portare una domanda sino ad un tale livello di confusione intellettuale che puo’ finalmente essere tenuta, valutata, nella sua intera complessita’ e semplicita’. Come “Chi sono io?”, Cos’e’ questo?” o (uno questo con lo quale mi sono dibattuta> “Cosa ti spinge?”

C’e’ pure un pericolo terribile nel rifiutarsi di essere intellettuali con i soggetti spirituali. Cioe’, possiamo divorziare la nostra prattica spirituale dalla scienza cui dipende l’intera nostra societa’. Se deve questa societa’ giungere ad una profondita’ qualsiasi, questa deve coincidere strettamente colla nostra crescente comprensione dei meccanismi del cervello e della natura della mente. Non possiamo permetterci di avere un mondo specifico in cui i scienziati capiscono la mente, ed un altro in cui gente specifica realizza il Risveglio.

Non faccio dunque alcuna scusa per il mio procedimento. Cerchero’ di rispondere alle mie domande usando la scienza migliore ch’io possa trovare. Ci pare di vivere in un imbroglio che crediamo importa ad un ego che non esiste. Voglio trovare perche’.

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La pericolosa idea di Darwin

C’e’ un’idea scientifica specifica che, a mio parere, supera tutte le altre. E squisitamente semplice e bella. Spiega le origini di tutte le forme di vita e tutti i disegni biologici. Sgombera il bisogno d’Iddio, di un disegnatore, di un piano maestro o di un proposito per la vita. E’ solo nella luce di quest’idea che la biologia e’ del tutto sensata. E’ naturalmente l’idea darwiniana dell’evoluzione tramite la selezione naturale. Le implicazioni della selezione naturale sono talmente profonde che la gente n’e stata impressionata o infuriata, affascinati od oltraggiati, visto che fu proposta per la prima volta in The Origin of Species nel 1859. Ecco la raggione per cui Dennett (1995) la chiama Darwin’s Dangerous Idea (La pericolosa idea di Darwin). Purtroppo, troppa gente hanno capito l’idea male, e, peggio ancora, l’hanno utilizzato per diffendere dottrine politiche indefendibili che non hanno niente a che vedere con il Darwinismo. Quindi, spero che mi perdonerete se prendo qualche tempo per spiegarlo piu’ chiaramente che posso.

Tutto cio che ci vuole per avviare la selezione naturale e’ un replicatore in un ambiente idoneo. Un replicatore e’ qualcosa che si copia se stesso, benche non sempre perfettamente. L’ambiente deve esserne uno in cui il replicatore puo’ creare copie numerose di se stesso, non tutte potendo sopravvivere. Ecco.

Sara davvero cosi’ semplice? Si’. Tutto cio che succede e’ questo. In ogni generazione copiata, non tutte le copie sono identiche e talune sono migliori delle altre a sopravvivere in quell’ambiente. Sussequentemente, fanno piu’ copie di se stesse e quindi questo tipo di copia diventa piu’ numeroso. Naturalmente comminciano ad essere piu’ complicate le cose, a questo punto. La popolazione di copie in rapida espansione comincia a cambiare l’ambiente e questo cambia le pressioni selettive. Variazioni locali nell’ambiente significano che tipi diversi di copie andranno bene in diversi posti ecosi’ sorge piu’ complessita’. Cosi’ produce il processo tutti i tipi di complessita’ organizzata che vediamo nel mondo vivente – eppure gli serve solo questo semplice, elegante, bellissimo ed ovvio processo: la selezione naturale.

Per fare le cose piu’ concrete, immaginiamo una zuppa primevale nella quale e’ sorso un semplice replicatore chimico. Chiameremo i replicatori “Blobbies”. Questi blobbies, per virtu’ della loro costituzione chimica, fanno copie di se stessi ogni volta che trovano i prodotti chimici adatti. Adesso, mettiamogli in un pantano chimicamente ricco e cominciano a copiarsi, benche cogli errori occasionali. Qualche millione di anni passa e ci sono parecchie sorti di blobbies. Quelli che hanno bisogno di un sacco di pantanon hanno usato tutte le riserve e stanno fallendo, cosiche’, adesso, la specie che puo’ utilizzare l’isopantanina, invece, sta facendo meglio. Presto ci sono parecchie zone in cui prodotti chemici diversi predominano e diversi tipi di blobbies compaiono. La competizione per i prodotti chimici del pantano diventa feroce e la maggioranza delle copie muore. Solo quelle che, per rara fortuna, si rivelano avere furbe nuove proprieta’ vanno avanti a copiarsi ancora. Queste proprieta’ furbe possono includere la capacita’ a muoversi e trovare il pantanon, ad intrappolare l’isopantanina3-7 e ad attacarvisi, o a costruire una membrana attorno di loro. Una volta comparsi i blobbies con membrana, comincieranno a vincere sopra i galeggianti e sono fatti super-blobbies. Qualche altri millioni di anni passano e si scoprono astuzie come prendere altri blobbies con se all’interno della membrana, o

Ancora qualche millioni di anni passano e si scoprono astuzie come prendere altri blobbies all’interno della membrana, o giungere parecchi super-blobbies assieme. Hyper-super-blobbies appaiano, come animali pluri-cellulari con fornimenti energetici e pezzi specializzati per muoversi e proteggersi. Tuttavia, questi sono soltanto cibo per hyper-super-blobbies ancora piu’ grossi. basta un po’ di tempo prima che le variazioni aleatorie e la selezione naturale creera’ un vasto mondo vivente. Nel corso del processo, miliardi di miliardi di bloobies falliti saranno stati creati e spariti, ma e’ un processo così lento e cieco che produce i “beni”. I “beni” sul nostro pianeta comprendono batterie e piante, pesci e rane, ornitorinchi e noi.

Le forme escono fuori dal nulla. Non c’e’ bisogno di un creatore o di un piano regolatore, e nessun punto finale verso lo quale la creazione sembra dirigersi. Richard Dawkins (1996) lo chiama “Climbing Mount Improbable” (“Arrampicata al Monte Improbabile”). Si tratta soltanto di un semplice ma inesorabile processo che produce cose incredibilmente improbabili.

E’ importante ricordarsi che l’evoluzione non ha nessuna visione a lungo termine e cosi’ non produce necessariamente la soluzione “migliore”. L’evoluzione puo’ soltanto andare avanti da quel punto li’ dove sta adesso. E’ quella la ragione, tra altri, il disegno del occhio nostro e’ talmente goffo, con tutti i neuroni partendo dal davanti della retina e impicciandosi nella via della luce. Una volta che l’evoluzione s’e’ avviata su questo tipo di occhio, e’ riamsta con esso. Non c’era un creatore in giro per dire ‘Au! rifatemi questo, mettiamogli i fili didietro!”. Non c’era neanche un creatore in giro per dire “Au! Facciamola divertente per gli umani”. I geni se ne fregano.

Capendo i fantastici processi della selezione naturale possiamo vedere come i nostri umani corpi sono arrivati ad essere quel che sono. Ma com’e’ stato colle nostre menti? La psicologia evoluzionista non risponde con facilita’ a queste domande. Per esempio, perche’ stiamo pensando in permanenza? Da un punto di vista genetico, questo sembra uno straordinario spreco – ed animali che sprecono energia non sopravivono. Il cervello utilizza qualche 20% dell’energia del corpo, mentre ne pesa che il 2%. Se fossimo pensando pensieri utili, o risolvendo problemi pertinenti, si capirebbe, ma per lo piu’ non lo sembra. Allora, perche’ non possiamo solo sederci e non pensare?

Perche’ crediamo in un “Io” che non esiste? Qualcuno potrebbe ancora spiegare questo in termini evoluzionarii, ma, perlomeno al livello superficiale, non ha comunque alcun senso. Perche’ costruirsi una falsa idea di un ego, con tutti i meccanismi di protezione per l’amor proprio e la sua paura del fallimento e della perdita, quando, dal punto di vista biologico, e’ il corpo che ha bisogno di protezione. Nota bene che se pensassimo di noi stessi come un organismo intero, non ci sarebbe problema, ma questo non lo famo – pare invece preferiamo credere in un ego separato; qualcosa che sta in carica del corpo, qualcosa che deve esser protetto in se e per se. Mi auguro che domandassi “Cosa preferisci perdere – il corpo o l’anima?” non sareste lunghi a scegliere.

Come altri scienziati, mi starebbe molto bene trovare un principio altrettanto semplice, bello ed elegante quanto la selezione naturale, che spiegherebbe la natura della mente.

Penso che ci sia uno. E apparentato da molto vicino alla selezione naturale. Benche’ stia in giro da qualche vent’anni, non e’ stata ancora messa in uso in modo completo. E’ la teoria dei Memes.

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Una breve storia del Meme dei Meme

Nel 1976 Richard Dawkins scrisse quelche fu probabilmente il libro Piu’ popolare mai pubblicato sull’evoluzione — The Selfish Gene (il Gene egoista). Il libro dava un nome vistoso alla teoria che l’evoluzione procede interament per il bisogno di replicanti egoisti. Cioe’, l’evoluzione capita non per il bene della specie, non per il bene del gruppo, neanche per quello di un organismo individuale. Accade soltanto per il bene dei geni. Geni che sono fortunati si spargono e quelli che non lo sono non lo fanno. Il resto e’ conseguenza di questo fatto.

Naturalemente, considerava il gene come replicante principale — unita’ di informazione codata nel ADN ed affissa nella sintesi proteica. Tuttavia, alla tutta fine del suo libro, affermava che c’e’ un’ altro replicante sul pianeta: il Meme.

Il meme e’ un’ unita’ informativa (o istruzione di comportamento) riparata nel cervello e passata per imitazione d’un cervello all’altro. Dawkins dava per esempii: idee, arie, teorie scientifiche, credenze religiose, mode nel vestire, ed abilita’, tipo nuovi modi di fare vasi o di costruire archi.

Le implicazioni dell’idea sono stravolgenti e Dawkins ne ha formulate talune. Se i memes sono davvero replicanti, allora si comporteranno, inevitabilmente, in modo egoistico. Cioe’ quelli che sono buoni per spandersi lo faranno e quelli che non lo sono non lo faranno. In conseguenza, il mondo delle idee — o memosfera— non si riempie colle idee migliori, veritiere, piu’ cariche di speranza o utili. No, si riempie con i superstiti. Memes sono superstiti, come lo sono i geni.

Nel processo di sopravvivere, creeranno, proprio come i geni, gruppi mutui e soccorsivi di memes.

Ricordatevi i blobbies. in pochi millioni di anni hanno cominciato a mettersi assieme in gruppi, perche’ quelli in gruppi sopravvivono meglio dei solitari. I gruppi sono diventati sempre piu’ grossi e migliori, e un ecosistema complesso n’e’ sorto. Nel mondo reale della biologia, geni si sono ragruppati assieme per creare enti enormi che si accoppiano e passano i gruppi in giro. In un modo simile, i memes si possono ragruppare assieme nei cervelli umani e riempire il mondo delle idee con i loro prodotti.

Se e’ giusta questa concezione, allora dovrebbero i memes poter evolvere in un modo piuttosto indipendente dei geni (coll’eccezione del bisogno di un cervello). Ci sono stati parecchi tentativi per studiare l’evouzione culturale, ma la maggioranza tratta le idee (o i memes) in modo implicito come fossero subordinate ai geni (vedi per es. Cavalli-Sforza e Feldman, 1981; Crook, 1995; Durham,1991; Lumsden e Wilson, 1981). La potenza nel rendersi conto che i memes sono replicanti proviene dal fatto che possono essere visti come funzionando puramente e semplicemente nel loro proprio interesse. Naturalemente, sino un certo punto, i memes avranno fortuna se sono utili per gli ospiti loro, ma questo non e’ l’unico modo che abbia un meme per sopravvivere — e vedremo presto qualche conseguenze di questo.

Da quando ha per primo sugerito l’idea dei Memes, Dawkins ha discusso l’espansione di comportamenti tali il portare un beretto da baseball al rovescio (i miei figli hanno di recente rigirato i loro colla visiera davanti!), l’uso di vestiti di marchio per identificare le bande, e (piu’ famosamente) il potere delle religioni. Queste sono, a secondo Dawkins (1993) enormi complessi co-adattati di Memes; cioe’ gruppi di Memes qui vanno in giro assieme per il supporto mutuo ed in conseguenza sopravvivono meglio di quello che farebbe un Meme solitario. Altri complessi di Memes comprendono sette, sistemi politici, sistemi alternativi di credenze e teorie e paradigmi scientifici.

Le religioni sono speciali perche’ usano quasi ogni trucco di Meme del manuale (questa e presumibilmente la raggione per cui durano cosi’ a lungo ed infettano tanti cervelli). Pensatela cosi’: l’idea dell’inferno all’origine e’ utile perche’ la paura dell’inferno rinforza i comportamenti socialmente preferibili. Ora, aggiungiamo l’idea che gl’incredenti vanno in inferno, ed il Meme e i suoi compagni se ne stanno al riparo. L’idea di Dio e’ un compagno da Meme naturale, appagando la paura e fornendo un (finto) conforto. La distesa di un complesso di Meme e’ sostenuta dalle esortazioni a convertire gli altri e da trucchi come il sacerdozio celibe. Il celibato e’ un disastro per i geni, ma aiutera’ ad espandere i Memes visto che un prete celibe ha tanto piu’ tempo per promuovere la sua fede.

Un altro trucco e’ di valutare la fede e sopprimere i dubbi che portano ogni bambino a fare domande difficili come “Dov’e’ l’inferno?” e “Se Iddio e’ cosi’ buono, perche’ e’ stata torturata questa gente?”. Notate che la scienza (e certe forme di Buddhismo) fanno l’opposto ed encoraggiano il dubbio.

Finalemente, una volta infettati con questi complessi di Memes, sono difficilissimi da liberarsene. Se provate a buttargli via, certi, tipo spalle al muro, riescono sino a usare minacce di morte, di excommunicazione, o di bruciare per l’eternita’ nelle fiamme dell’inferno.

Non dovrei lasciarmi trascinare. Il punto che voglio far valere e’ che questi Meme religiosi non hanno sopravvissuto per secoli perche’ sono veri, utili per i geni, o perche’ ci fanno felici. Anzi, credo che sono falsi e responsibili per le peggiori miserie della storia dell’Umanita’. No- hanno sopravvissuto perche sono Memes egoistici e che sono bravi al sopravvivere – non hanno bisogno di nessun’altra raggione.

Una volta che si inizia a pensarla cosi’, una prospettiva davvero sconvolgente si apre davanti a noi. Ci siamo tutti abituati al pensare che i nostri corpi sono degli organismi biologici creati dall’evoluzione. Eppure stiamo tuttora a pensare che i nostri “IO” sono qualcosa di piu’. Siamo incaricati dei nostri corpi, comandiamo noi, decidiamo noi quali idee dobbiamo credere e quali rigettare. Ma lo famo davvero? Si iniziate a riflettere sui Meme egoistici, diventa presto chiaro che le nostre idee sono nelle nostre teste perche’ sono Meme di successo. Il filosofo americano Dan Dennett (1995) conclude che una “persona” e’ una specie particolare di animale infestato di Meme. In altre parole, voi, io e tutti gli amici nostri sono il prodotto di due ciechi replicanti: i geni ed i Memes.

Trovo queste idee assolutamente stupefacenti. Potenzialmente, potremmo essere capaci di capire ogni vita mentale in termini della competizione tra Memes, proprio come capiamo ogni vita biologica in termini della competizione tra geni.

Quel che vorrei fare, in fin dei conti, e’ applicare le idee Memetiche alle domande che ho fatte all’inizio. Cos’e’ da che ci svegliamo, e come farlo?

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Perche’ e’ la mia testa cosi’ piena di pensieri?

Si risponde a questa domanda con una facilita’ ridicola, una volta che s’inizia a pensare in termini di Memes. Se un Meme deve sopravvivere, bisogna essere sicuramente al riparo in un cervello umano e passato accuratamente ad altri cervelli. Un Meme che s’interra profondamente nella memoria e non si fa mai piu’ vedere semplicemente svanisce. Un Meme che diventa terribilmente distorto nella memoria o nella trasmissione svanisce pure. Un modo semplice di assicurarsi la sopravvivenza per un Meme e’ di farsi ripetere continuamente nella vostra testa.

Prendete due arie. Una complicata e difficile da cantare, e peggio mai in silenzio per se stessi. L’altra e’ un piccolo pezzo allettante che manco ce la fate a non cantarellarlo. Cosi’ lo fate. Va e riviene, finche’ la prossima volta che vi la sentite di cantare ad alta voce, sara’ quest’aria la piu’ suscettibile di venire a galla. Cosi’ viene il successo, ed e’ percio’ che il mondo e’ riempito di orrende arie allettanti e di jingles di publicita’.

Ma ci sono altre conseguenze. I nostri cervelli se ne riempono pure. Questi Meme vincenti saltano di una persona all’altra, riempiendo i cervelli degli loro ospiti col passare. E’ cosi’ che le nostre menti vengono sempre piu’ piene.

Possiamo applicare la medesima logica alle altre specie di Meme. Le idee che girano e rigirano nella nostra testa avranno esito. Non solo verranno ricordate bene, ma la prossima volta che siete parlando con qualcun’altro, saranno quelle che avrete “in testa” e quindi verranno passate in giro. Possono venire a questa posizione col essere emozionalmente cariche, eccitanti, facilmente memorizzabili, o pertinenti per le vostre attuali preoccupazioni. Poco importa il come lo fanno. Fatto sta che i Meme che succedono a farsi ripetere sono quelli che generalmente hanno la meglio su quelli che non ce la fanno. La conseguenza ovvia di questo e’ che le nostre teste vengono presto riempite di idee. Ogni tentativo di sgomberare la mente solo crea posto per altri Meme.

Questa semplice logica spiega perche’ e’ cosi’ difficile per noi di sederci e “non pensare”, e perche’ la battaglia per domare i “nostri” pensieri e’ perduta in partenza. In un senso molto reale, non sono affatto i “nostri” pensieri. Sono soltanto i Meme che riescono ad sfruttare le nostre onde cerebrali del momento.

Questo solleva la delicata domanda di chi sta pensando o non pensando. Chi e’ che combatte con i Meme egoisti? In altre parole, chi sono io?

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Chi sono io?

Mi auguro che adesso potete indovinare cos’e’ la mia risposta a questa. Noi siamo soltanto complessi di Mêmes co-adattati. Noi, i nostri peziosi, mitici “eghi”, siamo soltanto gruppi di Mêmes egoisti che si sono radunati assieme per e pro loro stessi.

L’idea e’ proprio stravolgente e, nella mia esperienza, meglio la si capisce, e piu’ affascinante e strana diventa. Smantella il modo nostro ordinario di pensarci e solleva domande bizzarre a proposito della nostra relazione colle nostre idee. Per capirla, bisogna riflettere sul come ed il perche’ i Memes si radunano in gruppi, per primo. proprio come i blobbies o i geni, Meme in gruppi stanno piu’ al riparo quanto i Memes solitari. Un’ idea che sta saldamente inestata in un complesso di Meme e’ piu’ soscettibile di sopravvivere nella memosfera quanto un idea isolata. Questo puo’ darsi perche’ le idee che compogono un gruppo di Memes sono passate assieme (per es. quando qualcuno si converte ad una fede, una teoria o una tendenza politica), ottengono soccorso mutuo (per es., se odii il liberalismo selvatico, sei soscettibile di favorire uno stato sociale generoso), e si proteggono dalla destruzione. Se non lo facessero, non durerebbero e non starebbero qua, oggi. I complessi di Memes che incontriamo sono tutti quelli che hanno avuto successo!

Quanto le religioni, l’astrologia e’ un complesso di Memes da successo. L’idea che Leoni vanno bene con gli Acquarii a poche probabilita’ di riuscire da sola, ma in quanto parte dell’astrologia, e’ facile da ricordarsi e da tramandare. L’astrologia ha un fascino ovvio che la mette nella nostra mente in partenza; fornisce una carina (ma fasulla) spiegazione per le differenze umane e un senso confortante (benche’ falso) della predittibilita’. Si espande con facilita’ (si puo’ andare avanti all’infinito aggiungendo nuove idee!) ed ha una resistenza elevata alle prove che gli sono contrarie. Difatti, i risultati di centinaie di sperimenti dimostrano che le pretese dell’astrologia sono fasulle, ma questo apparentemente non ha ridotto d’un iota la credenza nell’astrologia (Dean, Mather and Kelly, 1996). E’ chiaro che, una volta che si crede nell’astrologia, e’ difficilissimo di sradicare tutte le credenze e trovare alternativi. Forse non vale la pena. Cosi’ diventiamo ospiti inconsapevoli di un’enorme bagaglio d’inutili ed anche dannosi complessi di Memes.

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Uno di questi sono io.

Perche’ lo dico che l’ego e’ un complesso di Meme? Perche’ funziona nello stesso modo che gli altri complessi di Meme. Come per l’astrologia, l’idea di un ego ha una buona raggione per insedarsi in partenza. Poi, una volta al loro posto, i Meme all’interno del complesso si sopportano mutualmente, gli si puo’ aggiungere quasi all’infinito, ed il complesso intero e’ resistente ad ogni prova ch’e’ falso.

Prima di tutto, l’idea di un ego deve arrivare li’. Imaginatevi una creatura sociale di grande intelligenza ma senza il linguaggio. Questa creatura avra’ bisogno di un senso dell’ego per poter predire il comportamento degli altri (Humphrey, 1986) e per trattare la proprieta’, l’inganno, le amicizie e le alleanze (Crook, 1980). Con questo semplice ego, puo’ sapere che la sua figlia ha paura di una femmina di alto rango e puo’ prendere provvedimenti per proteggerla, ma non ha il linguaggio con cui puo’ pensare “Credo che la mia figlia ha paura etc.”. E’ con il linguaggio che i Meme vanno davvero avanti – e con il linguaggio che compare l’ “ego”. Un sacco di Meme semplici possono allora unirsi in tanto delle “mie” credenze ed opinioni, i “miei” desideri.

Per esempio, consideriamo l’idea della diversita’ dei sessi nell’abilita’. Come idea astratta (o Meme isolato) questa a poche chance di vincere. ma mettiamola sotto la forma del “Io credo nell’uguaglianza dei sessi” e prende di botto il peso enorme dell’ego dietro di essa. “Io” combattero per quell’idea come fossi minacciato. Potro’ argumentare con gli amici, scrivere brani di opinione, o partecipare a proteste. Il Meme sta al riparo nell’porto dell’“ego” anche di fronte alle prove a lui contrarie. Le “mie” idee sono protette. Allora cominciano a proliferare. Idee che possono entrare in un ego – cioe’ diventare “le mie” idee, o “le mie” opinioni, vincono. Cosi’ ne abbiamo tutti un sacco. Prima che lo sapessimo, “noi” siamo un vasto conglomerato di Meme vincenti. Naturalemente, non c’e’ un “io” che “ha” le opinioni. Questo e’ ovviamente un non-senso se ci pensate chiaramente. Si, certo che c’e’ un corpo che dice “io” credo nel essere gentile colla gente” ed un corpo che e’ (on non e’) gentile colla gente, ma non c’e’, in premio, un ego che “ha” le credenze.

Abbiamo adesso un’idea radicalemente nuova di chi siamo. Siamo soltanto conglomerati temporari di idee, plasmate assieme per la loro propria protezione. L’analogia con i nostri corpi sta vicino. I corpi sono le creazioni di complessi temporari di geni; benche’ ognuno di noi sia unico, i geni stessi provengono tutti da creature anteriori e, se ci riproduciamo, andranno avanti in future creature. Le nostre menti sono la creazione di complessi temporari di Meme: benche’ ognuno di noi sia unico, i Meme stessi provengono da creature anteriori e, se ci parliamo, scriviamo e communichiamo, andranno avanti in future creature. E basta. Il problema e’ che non la vediamo cosi’. Crediamo che c’e’ davvero qualcheduno all’interno per effetuare il credere, e davvero qualcheduno che ha bisogno di essere protetto. E’ questa l’illusione – e’ questo il sogno di Meme dallo quale ci possiamo svegliare.

***

Smantellare il Sogno dei Meme.

So di due sistemi che possono smantellare complessi di Meme (anche se sono sicura che ne stanno altri). Naturalemente, questi sistemi sono se stessi Meme, ma sono, se volete, disinfettanti di Meme, Meme che mangiano altri Meme, o “complessi di Meme che distruggono complessi di Meme”. Questi due sono la scienza e lo Zen.

La scienza funziona cosi’ per causa dei suoi ideali di verita’ e di ricerca delle prove. Non sta sempre all’altezza di detti ideali, ma in teoria, e’ capace di distruggere ogni complesso di Meme non veritiero col sometterlo alla prova, col esigere prove o col organizzare uno sperimento.

Lo Zen fa questo pure, anche se i metodi sono completamente diversi. Nell’allenamento Zen, ogni concetto e’ sottomesso a scrutinio, niente e’ lasciato non-indagato, anche l’ego che fa l’indagine deve essere sottomesso alla luce ed interrogato “Chi sei?”

Dopo qualche quindici anni di prattica dello Zen, e rileggendo i Tre Pilastri dello Zen di Philip Kapleau, ho comminciato a lavorare sul koan “Chi…?”. Lo sperimento e’ stato interessantissimo e posso tutt’al piu’ assomigliarlo all’osservazione di un Meme sviscerando altri Meme. Ogni pensiero che viene a galla durante la meditazione viene scontrato dal “Chi e’ che pensa questo?” o “Chi lo vede, questo?” o “Chi e’ che avverte quello?”, o soltanto “Chi…?”. Vedendo il falso ego come un vasto complesso di Meme mi e’ parso aiutare – perche’ e’ molto piu’ facile di lasciar presa su dei Meme di passaggio che su di un ego reale, sodo e permanente. E’ molto piu’ facile di lasciare lo sviscera-Meme fare le sue faccende se si sa che non sta a’ffa altro che sviscera’ Meme.

Un altro koan mio e’ caduto contro i Meme. Domanda: “Chi ti conduce?” Risposta: “I Meme, naturalmente.” Questa non e’ solo una risposta intellettuale, am un modo di vedersi come un costrutto temporario e fuggente. La domando dissolve quando anche l’ego ed il conduttore sono visti come tanti Meme.

Ho dovuto fare un lungo giro per rispondere alle mie domande, ma spero che potete adesso capire le mie risposte. “Da che dobbiamo svegliarci?” – “Dal Sogno dei Meme, naturalmente” – “E come?” – “Col vedere che si tratta di un sogno di Meme”.

E chi e’ che lascia lo sviscera-Meme fare la sua? Chi e’ che si sveglia quando il sogno dei Meme e’ completamente sviscerato? A! Ecco una domanda…

La rébellion ultime

Si nous prenons au sérieux la mémétique, il n’y a pas de place permettant à quelque chose ou quelqu’un de s’introduire brusquement dans le processus pour l’arrêter, le diriger, ou le modifier d’une quelconque autre manière. Il y a juste un processus évolutionniste de gènes et de mèmes jouant à l’infini leur jeu — sans qu’il y ait personne pour les regarder.

p.360 : Le Théâtre cartésien n’existe pas. Quand les données sensorielles arrivent au cerveau, elles ne vont pas vers un écran intérieur que regarderait un petit Moi. Si c‘était le cas, le petit Moi devrait avoir des petits yeux et un autre écran intérieur, et ainsi de suite. Selon Dennett, le cerveau produit des “brouillons multiples” de ce qui se passe quand l’information traverse ses réseaux parallèles. L’un de ces brouillons parvient au récit verbal que nous nous racontons, qui comprend l’idée qu’existe un auteur du récit, ou un utilisateur de la machine virtuelle du cerveau. Dennett appelle cela l’“illusion bénigne de l’utilisateur”. Alors, peut-être, voilà tout ce que nous sommes: un centre de gravitation narrative; un récit sur un Moi persistant qui fait des choses, sent des choses, et prend des décisions: une illusion bénigne d’utilisateur.

p.364 : Claxton conclut que la conscience est “un mécanisme pour construire des récits douteux dont la finalité est de défendre un sentiment du Moi superflux et inexact”. Notre erreur, c’est de concevoir le Moi comme une entité séparée, persistante et autonome. Comme Dennett, Claxton pense que le Moi n’est en réalité qu’un récit sur un Moi. Le Moi intérieur qui fait des choses n’est qu’une illusion.

p.374-375 : Nous autres humains sommes en même temps deux types de choses: des machines à mèmes et des Moi. D’abord, nous sommes objectivement des créatures individuelles faites de chair et de sang. Nos corps et nos cerveaux ont été façonnés par la sélection naturelle agissant à la fois sur les gènes et les mèmes pendant une longue période de l‘évolution. Bien que chacun de nous soit unique, nos gènes viennent tous de créatures antérieures, et iront, si nous nous reproduisons, à des créatures futures. En plus, à cause de notre compétence linguistique et de notre environnement mémétique, nous sommes tous des dépôts d’une grande quantité de mèmes, dont certains sont de simples bouts d’informations stockées, et d’autres organisés en mèmeplexes auto-protecteurs. Les mèmes en tant que tels viennent d’autres personnes, et se transmettront, si nous parlons, écrivons, et communiquons, à beaucoup de personnes encore. Nous sommes les conglomérats temporaires de tous ces réplicateurs et leurs produits dans un environnement donné.
Ensuite, il y a le Moi que nous croyons être. Parmi tous les mèmeplexes, l’un des plus puissants est basé sur l’idée d’un Moi intérieur. Chaque moiplexe a été assemblé par le processus de l‘évolution mémétique, agissant durant la période relativement courte d’une vie humaine. “Je” suis le produit de tous le mèmes qui ont réussi à intégrer le moiplexe — que ce soit parce que mes gènes ont fourni un type de cerveau qui leur est particulièrement propice, ou parce qu’ils ont un avantage sélectif par rapport à d’autres mèmes dans mon environnement mémétique, ou les deux à la fois.
Chaque Moi illusoire est une construction du monde mémétique dans lequel il rivalise avec succès. Chaque moiplexe fait surgir une conscience humaine normale, basée sur l’idée erronée qu’il y a quelqu’un à l’intérieur tenant les rênes.
Nos manières de nous comporter, les choix que nous effectuons, et les choses que nous disons sont tous le résultat d’une structure complexe: un ensemble de mèmeplexes (y compris le moiplexe puissant) qui tournent sur un système construit de manière biologique. La force motrice derrière tout ce qui se produit est le pouvoir des réplicateurs. Les gènes se combattent pour arriver à la génération suivante; et dans ce processus émerge un dessein biologique. Les mèmes se combattent pour être transmis vers un autre cerveau, livre ou objet, et ce processus fait émerger un dessein culturel et mental. Nul besoin d’une autre source pour la puissance de ce dessein. Nul besoin de faire appel à la “puissance créatrice de le conscience”, car la conscience n’a pas de pouvoir. Il n’est point nécessaire d’inventer l’idée d’un libre arbitre. Le libre arbitre, comme le “Moi” qui le détient, est une illusion. Aussi terrifiante que paraisse cette pensée, je crois qu’elle est vraie.

***

Où cela nous laisse par rapport à l’affirmation de Dawkins que “Nous sommes les seuls sur terre à pouvoir nous rebeller contre la tyrannie des réplicateurs égoïstes”? Dawkins n’est pas le seul à envisager qu’il y ait quelqu’un ou quelque chose en nous capable de sortir du processus évolutionniste et d’en prendre le contrôle.

Csikszentmihalyi explique comment les mêmes évoluent indépendamment des gens qui les nourrissent, et pourquoi les mêmes des armes, de l’alcool et des drogues ont du succès alors qu’ils ne nous font pas de bien. Il décrit l’artiste non pas comme l’instigateur mais comme le véhicule à travers lequel les oeuvres d’art évoluent. Pourtant, son message final est que nous devons prendre en main nos vies de manière consciente, pour commencer à diriger l‘évolution vers un avenir plus harmonieux. “Si vous parvenez à contrôler votre esprit, vos désirs et vos actions, il est probable que vous allez augmenter l’ordre dans ce qui vous entoure. Si vous le laissez se faire contrôler par les gènes et les mèmes, vous ratez l’opportunité d‘être vous-mêmes.”

Dans son livre Virus de l’esprit , Brodie nous exhorte à “choisir consciemment sa propre programmation mémétique pour mieux servir le but qu’on s’est choisi, après mûre réflexion, pour la vie” et il conseille, à propos des mèmes “qu’on reçoit, de décider si, en se programmant avec eux, on aide ou nuit à son but existentiel”.

Mais ce ne sont que des dérobades. Comme le dit Denett, “l’esprit “indépendant”, luttant pour se protéger contre les mèmes étrangers et dangereux est un mythe”. Nous devons donc nous demander: il revient à qui de changer? Si nous prenons au sérieux la mémétique, le “Moi” qui pourrait effectuer des choix est lui-même une construction mémétique: un groupe fluide et changeant de mèmes installés dans une machine à mèmes compliquée. Les choix que je fais seraient tous un produit de mon histoire génétique et mémétique dans un environnement donné, et non pas d’un Moi séparé capable d’avoir un “but existentiel” et de prévaloir contre les mèmes qui le constituent.

Voilà la puissance et la beauté de la mémétique: elle permet de voir comment les vies humaines adviennent grâce à une puissance réplicative identique à celle ayant permis le dessein du monde biologique. Les réplicateurs sont différents, mais le processus est le même. Nous pensions autrefois que le dessein biologique nécessitait un créateur, mais nous savons aujourd’hui que la sélection peut concevoir la totalité de ce dessein toute seule. De même, nous croyions jadis que le dessein humain nécessitait un concepteur conscient à l’intérieur de nous-mêmes, mais nous savons aujourd’hui que la sélection mémétique peut d’en occuper toute seule. Nous pensions autrefois que le dessein nécessitait de la prévoyance et un plan, mais nous savons désormais que la sélection naturelle est capable de produire des créatures qui donnent l’impression d’avoir été produites en fonction d’un plan, alors qu’en réalité il n’y en avait pas. Si nous prenons au sérieux la mémétique, il n’y a pas de place permettant à quelque chose ou quelqu’un de s’introduire brusquement dans le processus pour l’arrêter, le diriger, ou le modifier d’une quelconque autre manière. Il y a juste un processus évolutionniste de gènes et de mèmes jouant à l’infini leur jeu — sans qu’il y ait personne pour les regarder.

Que fois-je faire, alors? J’ai comme le sentiment d’avoir à faire un choix — décider de vivre ma vie à la lumière de mes connaissances scientifiques. Mais comment y arriver si je ne suis qu’un conglomérat temporaire constitué de gènes, d’un phénotype, de mèmes et de mèmeplexes. S’il n’y a pas de choix, comment choisir?

Certains scientifiques préfèrent maintenir une frontière étanche entre leurs idées scientifique et leur vie de tous les jours. Certains réussissent à être biologistes tout en allant à l‘Église tous les dimanches, ou à être physiciens toute leur vie en croyant au paradis après la mort. Mais je ne saurais faire le divorce entre ma science et ma manière de vivre ma vie. Si ma compréhension de la nature humaine me fait conclure qu’il n’y a pas de Moi conscient à l’intérieur, je dois vivre en conséquence — sinon, ce ne serait qu’une théorie de la nature humaine vaine et dénuée de vie. Mais comment pourrais-“Je” vivre en faisant semblant de ne pas exister, et qui choisirait de se comporter ainsi?

Une astuce consiste à se concentrer sur le moment présent — tout le temps — et à laisser filer les pensées qui nous passent par la tête. Cette espèce de “débrousaillage de mèmes” requiert une grande concentration, mais a des effets plus qu’intéressants. Si vous parvenez à vous concentrer pour quelques minutes à la fois, vous allez commencer à vous apercevoir qu’il n’y a pas de Moi observateur à tout moment. Supposez que vous vous asseyez pour regarder par la fenêtre. Des idées viendront, mais elles sont toutes orientées vers le passé ou vers l’avenir; laissez-les filer et revenez au présent. Prenez juste note de ce qui se passe. L’esprit bondit pour étiqueter des objets avec des mots, mais ces mots prennent du temps et ne sont pas vraiment dans le présent. Laissez-les filer aussi. Avec beaucoup d’exercice, le monde prendra un aspect différent; l’idée d’une série d‘événements fait place à rien d’autre que du changement, et l’idée d’un Moi spectateur de la scène semble s’effacer.

Une autre façon consiste à prêter la même attention à toute chose. C’est une pratique étrange, puisque les choses semblent perdre leur “choséité” et devenir juste des changements. Aussi cette expérience soulève-t-elle la question de savoir qui est réellement l’instance qui prête attention. Ce qui saute aux yeux en effectuant cette tâche, c’est que l’attention est toujours manipulée par des choses à l’extérieur de nous, plutôt que par nous-même. Plus longtemps vous êtes capable de rester assis en faisant attention à tout, plus il devient évident que l’attention est dirigée par les sons, les mouvements, et que la plupart des pensées semblent surgir de nulle part. Ce sont les mèmes qui luttent pour saisir les ressources de traitement d’informations de votre cerveau qu’ils pourraient utiliser pour se propager. Vos inquiétudes, vos opinions, ce que vous voulez dire à quelqu’un ou souhaiteriez ne pas avoir dit — ils arrivent tous et saisissent votre attention. La pratique consistant à prêter attention à tout les rend hors d‘état de nuire et rend évident le fait que vous n’avez jamais contrôlé l’attention: c’est elle qui vous a contrôlé — et créé.

Ce genre de pratiques finit par user le tissu du faux Moi. À l’instant présent, étant également attentif à tout, il n’y a pas de distinction entre Moi-même et les choses qui se produisent. C’est seulement quand “Je” veux quelque chose, réponds à quelque chose, crois en quelque chose, décide de faire quelque chose, que “J”‘apparais de manière soudaine. On peut le voir directement à travers l’expérience si l’on est suffisamment exercé au simple fait d’exister.

Cette idée est complètement compatible avec la mémétique. Chez la plupart des gens, le moiplexe est renforcé sans cesse. On réfère tout ce qui se passe au Moi, on réfère les sensations au Moi observateur,les déplacements de l’attention sont référés au Moi, les décisions sont décrites comme ayant été prises par le Moi, et ainsi de suite. Tout cela reconfirme et soutient le moiplexe, et il en résulte une forme de conscience dominée par le sentiment d’un “Moi” au milieu — moi qui suis en charge, moi qui suis responsable, moi qui souffre. L’effet d’une concentration à un point consiste à arrêter ce processus qui nourrit le moiplexe. De même, apprendre à faire attention à tout empêche les mêmes apparentés au Moi de s’emparer de l’attention; apprendre à être pleinement présent dans l’instant présent arrête la spéculation sur le passé et le futur du “Moi” mythique. Voilà les astuces pouvant aider une personne humaine (corps, cerveau et mêmes) à se débarrasser des idées érronées du moiplexe.La qualité de la conscience peut dès lors changer, pour devenir plus ouverte, spacieuse et libérée du Moi. L’effet, c’est comme se réveiller d’un état de confusion — ou se réveiller d’un rêve mémétique.

Il n’est pas facile d’apprendre ce type de concentration. Certaines personnes ont un don naturel, et l’apprennent rapidement, mais chez la plupart des gens, cela requiert plusieurs années de pratique. La motivation est l’un des problèmes — il est difficile de s’exercer de manière sérieuse juste parce que quelqu’un vous dit que c’est une meilleure manière de vivre. C’est ici que la science peut venir au secours. Si notre compréhension de la nature humaine nous mène à douter du Moi intérieur, de l‘âme, du créateur divin ou de la vie après la mort, ce doute peut nous motiver à regarder de près l’expérience, à essayer de vivre sans un faux sens du Moi et sans faux espoir. On oppose souvent la science et la spiritualité, mais on a tort de le faire.

J’ai décrit ces pratiques comme pouvant durer quelques minutes, alors qu’on est tranquillement assis, mais peut-on vivre toute une vie de cette manière? Je le crois; cependant les conséquences sont quelque peu troublantes. Si je crois réellement qu’il n’existe pas de “Moi” à l’intérieur, et donc pas de libre arbitre et de choix conscient délibéré non plus, comment est-ce que je me décide à faire ceci plutôt que cela? La réponse consiste à faire confiance en la vision mémétique, à accepter l’idée que la sélection des gènes et mèmes déterminera l’action et qu’il n’y a nul besoin d’implique un “Moi” supplémentaire. Pour vivre en toute honnêteté, je dois dégager les décisions et les laisser se prendre toutes seules.

Je dis que le résultat est troublant, puisqu’il est d’abord étrange d’observer que les actions se produisent que “Je” le veuille ou pas. J’avais jadis deux parcours différents différents pour renter à la maison, la route principale, et des chemins plus beaux mais plus lents. En m’approchant du croisement, je fus souvent tiraillée par l’indécision. Comment pourrais-je me décider? Quel chemin me fera davantage plaisir? Lequel serait le meilleur ? Un jour je réalisai d’un coup que “Je” n’avais pas à décider. Assise au volant, je me contentai d‘être attentive. Le feu passa au vert, un pied appuya sur la pédale, une main changea de vitesse, et le choix fut fait. De toute évidence, je ne suis jamais rentrée dans un mur ou dans une autre voiture. Et quel que fût le chemin, il me convenait. Avec le temps, j’ai découvert que beaucoup de décisions sont de cette nature. Laisser autant de décisions à elles-mêmes m’apporta un grand sentiment de liberté.

Vous n‘êtes pas obligé d’essayer de faire quelque chose ou de vous tourmenter à propos d’une décision. Supposons que vous êtes dans votre baignoire et que l’eau commence à refroidir. Allez-vous sortir tout de suite, ou vous blottir encore un peu sous l’eau? C’est une décision triviale, mais tout comme sortir du lit le matin, elle peut mettre de la couleur dans une vie. Sachant qu’il n’y a pas de Moi réel qui choisit, ni de libre arbitre, vous ne pouvez réfléchir que sur le fait que votre corps se lève ou pas, et c’est en effet ce qu’il fait. Se lever de manière décidée se révèle être non pas une question de se contrôler, mais de laisser le faux Moi dégager le chemin, et les décisions se prendre toutes seules. La même chose vaut pour les décisions plus compliquées: le cerveau peut examiner les options, argumenter l’affaire d’une manière ou d’une autre, et retomber sur un côté ou l’autre, mais tout cela peut être fait sans y ajouter l’idée érronée qu’il y a quelqu’un à l’intérieur faisant tout cela. C’est plutôt tout le processus qui se fait soi-même.

Les désirs, les espoirs et les préférences sont peut-être ce qu’il y a de plus difficile à aborder — j’espère qu’il arrivera à l’heure, je dois passer cet examen, j’espère qu’il vivra longtemps et sera riche et célèbre, je veux celle à la fraise . Tous ces espoirs et désirs sont basés sur l’idée d’un Moi intérieur qu’il faut rendre heureux, et ce sont eux qui nourrissent le moiplexe. Ainsi, une astuce consiste à les aborder tous avec un refus de s’impliquer. S’il n’y a pas de Moi, il n’y a pas d’intérêt à espérer et à souhaiter qu’arrivent des choses à quelqu’un qui n’existe pas. Toutes ces choses auront lieu à un autre moment, pas maintenant. Elles n’ont pas d’importance s’il n’existe personne à qui elles important. La vie sans espoir est vraiment possible.

Le résultat de cette manière de vivre semble être en contradiction avec nos attentes: les gens deviennent plus décidés plutôt que moins. Mais une réflexion plus poussée montre que ce n’est guère surprenant. D’un point de vue mémétique, le mèmeplexe n’est pas là pour prendre des décisions, ni pour vous rendre plus heureux ou pour vous faciliter la vie. Il n’existe que pour propager les mèmes qu’il est capable d’inventer. Sa démolition permet des actions plus spontanées et plus appropriées. Des cerveaux qui pensent intelligemment, équipés d’un grand nombre de mèmes, sont tout à fait capables de prendre des décisions solides sans qu’il y ait un moiplexe pour les brouiller.

Une pensée terrifiante montre maintenant le bout de son nez. Si je vivais en fonction de ce type de vérité — sans un Moi qui prend responsabilité pour ses actions —, qu’advient-il de la morale? Certains diront que de toute évidence une telle manière de vivre est une recette pour l‘égoïsme et la méchanceté, l’immoralité et le désastre. Est-ce vraiment le cas? L’un des effets de cette manière de vivre, c’est qu’on cesse d’imposer ses désirs au monde qui nous entoure et aux personnes qu’on rencontre. Rien que cela signifie une transformation conséquente.

Claxton décrit l’effet que produit le fait d’abadonner l’illusion d’un Moi qui aurait le contrôle. “La chose qui ne se produit pas, mais dont les gens ont une peur justifiée, c’est que je puisse empirer. Une élaboration commune de la croyance que le contrôle est réel… est que je peux, et dois “me” contrôler, et que si je m’abstiens de le faire, de basses pulsions se déverseront sur moi et me déchaîneront.” Heureusement, comme il l’explique par la suite, la prémisse est fausse. “Le tohu-bohu qu’on avait tellement craint n’a pas eu lieu. Je ne me suis pas mis au viol systématique, au pillage, et au tabassage de vieilles dames par pur plaisir”. Au lieu de cela, la culpabilité, la honte, la gêne, le doute de soi et la peur de l‘échec déclinent, et je deviens, contrairement aux attentes, un meilleur voisin.

En fait, à partir de notre compréhension de la mémétique et de l’altruisme piloté par les mèmes, il aurait été raisonnable de croire en cela. De plus, s’il est vrai que le Moi intérieur est un mèmeplexe et que son contrôle n’est qu’illusoire, il semble évident que vivre un mensonge ne peut pas être moralement supérieur à accepter la vérité. Mais si le Moi est un mèmeplexe qu’on peut démanteler, qu’est-ce qui reste une fois qu’il est parti? Il y a un être humain, corps, cerveau et mèmes, qui se comporte en fonction de l’environnement dans lequel il se trouve et des mèmes qu’il rencontre. Nous savons que les gènes sont responsables d’une grande partie du comportement moral — ils ont fait émerger la sélection de parentèle et l’altruisme réciproque, l’amour de ses propres enfants, de ses conjoints et amis. Et les mèmes sont responsables d’autres formes de partage et d’affection. Tous ces comportements continueront, peu importe qu’il y ait ou pas, en plus, un moiplexe qui embrouille l’esprit.

En effet, le moiplexe peut être tenu pour responsable d’une grande partie de nos ennuis. Par sa nature même, le moiplexe fait surgir la récrimination contre soi, le doute de soi, l’avarice, la colère, et toute une panoplie d‘émotions destructrices. S’il n’y a pas de moiplexe, il n’y a pas à se soucier pour l’avenir de son Moi intérieur — que les gens m’aiment ou que j’aie fait la “bonne” chose ou pas — puisqu’il n’y a pas de “Moi” réel dont se soucier. Cette absence de souci de soi signifie que vous (la personne physique) êtes davantage disponibles pour remarquer d’autres personnes. La compassion et l’empathie viennent naturellement. Il est facile de voir ce dont a besoin une autre personne, ou ce qu’il faut faire dans une situation donnée, s’il n’y a pas de souci pour un Moi mythique qui se met en travers. Peut-être une véritable morale consiste-t-elle pour l’essentiel à simplement cesser de faire le mal que nous faisons d’habitude, plutôt que d’entreprendre des actions nobles et grandioses; c’est-à-dire le mal qui vient du fait d’avoir un faux sentiment du Moi.

La mémétique nous apporte ainsi une nouvelle vision de la manière dont nous pourrions vivre nos vies. Nous pouvons continuer à vivre comme la plupart des gens, soumis à l’illusion de l’existence d’un Moi conscient et persistant à l’intérieur, qui commande, qui est responsable de mes actes, et qui fais que je suis ce que je suis. Ou bien nous pouvons vivre tels des êtres humains, corps, cerveau et mèmes, vivant nos vies comme une interaction complexe entre réplicateurs et environnement, sachant que c’est tout ce qu’il y a. Nous cesserions ainsi d‘être des victimes du moiplexe égoïste. Dans ce sens, nous pouvons véritablement être libres — non pas parce que nous sommes capables de nous rebeller contre la tyrannie des réplicateurs égoïstes, mais parce que nous savons qu’il n’y a personne pour se rebeller.

La théorie des mèmes , Pourquoi nous nous imitons les uns les autres.

Meme, Myself, I

This and other research has led me to believe that the idea of “self” is an illusion. You are nothing more than a creation of genes and memes in a unique environment. Memes are ideas, skills, habits, stories, songs or inventions that are passed from person to person by imitation. They have shaped our minds, leading to the evo-lution of big brains and language because these served to spread the memes. But the memes with the cleverest trick are those that persuade us that our “selves” really exist. We all live our lives as a lie. The memes have made us do it—because giving us the illusion of “self” helps them to survive and spread.

Hold out your arm in front of you. Whenever you feel like it, of your own free will, flex your wrist. Repeat this a few times, making sure you do it as consciously as you can. You’ll probably experience some kind of decision process, in which you hold back from doing anything and then decide to act. Now ask yourself, what began the process that led to the action? Was it you?

Neuroscientist Benjamin Libet of the University of California in San Francisco asked volunteers to do exactly that. A clock allowed the subjects to note exactly when they decided to act, and by fitting electrodes to their wrists, Libet could time the start of the action. More electrodes on their scalps recorded a particular brain wave pattern called the readiness potential, which occurs just before any complex action and is associated with the brain planning its next move.

Libet’s controversial finding was that the decision to act came after the readiness potential. It looks as though there is no conscious “self” jumping into the synapses and starting things off.

This and other research has led me to believe that the idea of “self” is an illusion. You are nothing more than a creation of genes and memes in a unique environment. Memes are ideas, skills, habits, stories, songs or inventions that are passed from person to person by imitation. They have shaped our minds, leading to the evo-lution of big brains and language because these served to spread the memes. But the memes with the cleverest trick are those that persuade us that our “selves” really exist. We all live our lives as a lie. The memes have made us do it—because giving us the illusion of “self” helps them to survive and spread.

The term meme was coined by biologist Richard Dawkins in his 1976 book, The Selfish Gene, which explored the principles of Darwinism. Charles Darwin’s insight is simple, yet often misunderstood. It is this. If organisms vary, if only some of them can survive, and if whatever helped them survive is passed to their offspring, then the offspring will be better adapted than their parents were. In this way the organisms become designed, by the blind processes of copying and selection, for the environment in which they live. As Dawkins puts it, if you have variation, selection and heredity, then you must have evolution.

Darwin did not have the benefit of our modern concept of an algorithm, nor our tendency to look at everything from fundamental physical processes to life itself in terms of information (see “I is the law”, New Scientist, 30 January1999, p. 24). Yet he saw how this mindless procedure could produce design without a designer. It was the American philosopher Daniel Dennett who dubbed the process “the evolutionary algorithm”. At its heart is the information that is copied, or the replicator.

In biological evolution, the replicators are genes, but there is no reason why there should not be other evolutionary systems, with other replicators. This was Dawkins’s point—that Darwin’s insight was too important to confine it solely to biology—and he wanted another example. So he invented the meme.

Everything you have learnt by copying it from someone else is a meme. This includes your habit of driving on the left or right, eating beans on toast, wearing jeans or going on holiday. You would do none of these things if someone else hadn’t done them, or something very like them, before you did. Imitation, unlike other forms of learning, is a kind of copying or replication. Other animals can be masters of learning, as when squirrels remember their hundreds of food stores, or cats and dogs build extensive mental maps. But this is learning by association, or trial and error. Only by imitation are the fruits of the learning passed on from one animal to the next—and humans are unrivalled when it comes to copying one another.

But are memes replicators? In other words, do they fit into the evolutionary algorithm of variation, selection and heredity? I say the answer is yes. Memes are “inherited” when we copy someone else’s action, when we pass on an idea or a story, when a book is printed, or when a radio programme is broadcast. Memes vary because human imitation is far from perfect, and the vagaries of memory mean that every time we retell a story we change some little detail, or forget some minor point. Finally, there is memetic selection. Think of how many things you hear in a day, and how few you pass on to anyone else. Think of how many scientific ideas you have read in this magazine, and how few you will remember.

To understand what makes a meme successful, let’s take a “meme’s eye view”. Imagine a world full of hosts for memes (such as brains), and far more memes than can possibly find homes. Which memes are likely to find a safe home and get passed on again? Highly memorable ones should do well, as should useful ones (such as science, perhaps), and ones that provoke strong emotional reactions. Those that fit well with our genetic predispositions should succeed—so sexy photos get everywhere, and recipes can spread around the world.

Chain letters, like viruses, spread because they include instructions to pass them on, along with threats or promises. The same can be said of cults and religions—indeed Dawkins calls religions “viruses of the mind”. They succeed because of the tricks they use to persuade us to copy them. If this sounds as though memes have plans and intentions, remember that the only process going on is selection. The memes that get copied—for whatever reason—stay with us, the rest die out.

Some people object to the whole idea of memes on the grounds that memes are not like genes. No, they are not. We cannot pin memes down to a single molecule of DNA as we can with genes. Memes also vary enormously in the size of their effective unit, from a few notes to a whole symphony or from a single word to a whole book. And while genes use the cellular machinery of protein synthesis for their replication, memes use the human brain as their copying device.

So if we try to draw strict analogies between genes and memes we will be led astray. The right starting point is not the analogy with genes, but the principles of Darwinism. From this perspective, a human being is the creation of two selfish replicators, genes and memes, working together. And once we look at it this way, some of the mysteries of the human mind begin to fall into place.

For example, why do we have language, a complex culture and such an enormous brains? These evolutionary developments did not come cheap. We can speak only because our neck, mouth and brain have been completely restructured. In proportion to our body mass, our brain is three times as large as that of our nearest relatives. This huge organ is dangerous and painful to give birth to, expensive to build and, in a resting human, uses about 20 per cent of the body’s energy even though it is just 2 per cent of the body’s weight. There must be some reason for all this evolutionary expense.

Coevolution

Early theorists suggested that our bigger-brained ancestors survived because they were better at hunting or finding food, while more modern theories emphasise complex social pressures. For example, the Machiavellian intelligence hypothesis suggests that our ancestors needed a larger brain to deceive others, detect deception, and remember who had done what to whom (see “Liar! Liar!”, New Scientist, 14 February 1998, p 22). According to psychologist Robin Dunbar of the University of Liverpool, the function of language is gossip, and gossip is a substitute for grooming for keeping large social groups together. Other theories emphasise the use of symbols and their importance in communication.

These theories all have something important in common. They assume that the ultimate function of the human brain and of language is to serve the genes. If you are a Darwinian, you might think that this is the only possible answer because design for a function can only be the result of natural selection working through genes. Yet that would be to take too narrow a view of Darwinism, for genes are not necessarily the only replicators. Once you allow the idea that memes have been coevolving with genes, a new possibility opens up—that the human brain and language evolved not to spread genes, but to spread memes.

It could have worked like this. Members of a species of early hominid acquired the difficult and rare skill of imitating each other. At first they imitated things important for survival, such as new ways of carrying food, hunting or making tools. Since these skills helped them survive, it made sense for everyone else to imitate the best imitators, and also to try to mate with them. This meant that genes for being good at imitation spread and, since imitation is difficult and requires a large brain, brain size increased.

And as early humans became ever more skilful imitators, any meme that was good at getting itself copied, for whatever reason, would tend to spread. The practice of copying sounds for communication was one of the more useful memes for humans. Sound can be used to transfer memes to many people at once. If it can be grouped into distinct units—as it is with words—then the copying fidelity is improved, and memes will spread farther and more easily without being corrupted.

If variations of word order can be copied, then more niches for memes open up, allowing more memes to spread. As people both imitate, and try to mate with, the best imitators, the ability to copy complex words in precise orders will be spread, both memetically and genetically. In other words, by what we might call “memetic driving”, the memes put pressure on the genes to create ever better apparatus for spreading them. This means big brains designed especially for language.

This process might seem unfamiliar, but in fact something similar occurred long ago, when genes coevolved with the cellular mechanisms that copy them. In their new book The Origins of Life, John Maynard-Smith and Eörs Szathmáry urge us to view life on the largest scale, starting with the first simple replicating molecules. They describe all the major changes in the way information is transmitted, copied and stored. The appearance of memes can be seen as the latest stage in this evolutionary process. It explains the appearance of a species capable of language and complex culture. We are meme machines.

What’s more, this process has not stopped. It is still creating new meme-copying devices. While human language is a vast system for transmitting memes with high fidelity, it took the invention of writing to enable memes to be stored. Now telephones, fax machines, photocopiers, computers and the Internet all increase the speed and ease of meme-replication. We may think that we invented all these machines for our own convenience, but once memes got going, these devices—or something like them—were inevitable. The real driving force is the evolutionary algorithm. And the real beneficiaries are not us but the selfish memes.

Just as selfish genes group together for mutual protection, so whenever memes can propagate better as part of a group than on their own they form co-adapted meme complexes, or memeplexes. Memeplexes include languages, religions, scientific theories, political ideologies and belief systems such as acupuncture or astrology. Like memes, memeplexes spread as long there is some reason for them to be copied. Some are true or useful, others are copied despite being false.

These vast memeplexes, with their varied means of propagation, form the very stuff of our lives. Yet there is one memeplex, perhaps the most powerful of all, that we readily overlook. That is our own familiar self. Like other animals, we have a body image—a plan of our body used for organising sensations and planning skilled actions. We also have, as some other animals do, the ability to recognise other individuals and understand that they, too, have desires and plans. So far so good—but now we add the capacity to imitate, the use of language and the word “I”.

Heart of the selfplex

At first “I” may mean just “this body”, but soon it begins to change. We say “I like ice cream”, “I can’t stand shopping malls”, “I want to be famous”, or “I believe in Father Christmas”. And the “I” no longer refers just to a body, but to some imagined inner self that has intentions, possessions, fears, beliefs and aspirations.

This “I” forms the heart of the selfplex. And all the memes in your selfplex thrive because you work to defend them in arguments, to promote them in discussions, perhaps even to write about them in books and articles. In this way these self-related memes succeed where others fail, and so the selfplex grows.

Once the “self” has begun to form, it meets each new idea it comes across with “Yes, I agree with this” or “No, I don’t like that”. Although each self is unique in the body it describes as “mine”, and in the ideas it picks up along the way, those ideas are all memes and the self offers them a safe haven.

I think modern neuroscience makes it clear that the self cannot be what it appears to be. We may feel as though we have a special little “me” inside, who has sensations and consciousness, who lives my life, and makes my decisions. Yet, this does not fit with what we know about the brain. Look inside a brain and what do you see? There is no central place into which all the impressions come and from where the orders go out. Rather, there is a massive processing system dealing with numerous things at once, only very few of which ever reach consciousness.

It may feel as though “my” consciousness starts the actions this body performs, but as Libet’s experiments showed, conscious awareness takes about half a second to build up, far too long for it to initiate reactions to a fast changing world. And the brain is constantly being changed by everything that happens to it, so that “I” am not the same as I was ten years, or even a few moments, ago.

There is a long and venerable tradition of thinkers who have rejected the idea of a real and persistent self. The Buddha proclaimed that actions and their consequences exist, but that the person who acts does not. According to the Buddhist doctrine of anatta, the self is more like an ever-changing construction than a solid entity. The 18th-century philosopher David Hume likened the self to a bundle of sensations tied together by a common history.

Using more contemporary metaphors, Dennett argues that the brain builds multiple drafts of what is happening as information flows through its parallel networks. One of these drafts becomes the story we tell ourselves and includes the idea of an author of the story, or a user of the brain’s virtual machine—consciousness is a “benign user illusion”. So rather than being a permanent, persisting entity, the self may be more like a story about a self that does not really exist.

I believe these ideas have implications for the way we live. As society becomes more complex, and memes spread faster and farther, so our selves become more complicated. The unhappiness, desperation and psychological ill-health of many modern people may reflect the fact that increasing numbers of memes are using our poor over-stretched brains to construct a false self for their own propagation. Perhaps the user illusion is not so benign after all. Some would even say that belief in a permanent self is the cause of all human suffering—of fear, jealousy, hatred and unkindness.

But is it possible to live life without the illusion? One way might be to calm your mind. Techniques such as meditation, say, can still the memes that are constantly competing for your brain space, forcing you to keep thinking. Long traditions of training in meditation show this is possible: that years of practice can bring emptiness, compassion and clarity of mind. Meditation, at its simplest, consists of just sitting quietly and clearing the mind of all thoughts, and then, when more arise, just letting them go.

Meditation is itself a meme, but is, if you like, a meme-clearing meme. Its effect is not to obliterate all awareness, but rather to create an awareness that is more spacious and open, and seems, perhaps paradoxically, to be without a self who is experiencing it.

If this memetic analysis is correct, the choices you make are not made by an inner self who has free will, but are just the consequence of the replicators playing out their competition in a particular environment. In the process they create the illusion of a self who is in control.

Dawkins ends The Selfish Gene with his famous claim that: “We, alone on earth, can rebel against the tyranny of the selfish replicators”. Yet, if we take his idea of memes seriously, and push it to its logical conclusion, we find that there is no one left to rebel.

From New Scientist , 13 March 1999
Copyright New Scientist , RBI Limited 1999

The Meme Machine

This is the power behind the idea of memes. To start to think memetically we have to make a giant flip in our minds just as biologists had to do when taking on the idea of the selfish gene. Instead of thinking of our ideas as our own creations, and as working for us, we have to think of them as autonomous selfish memes, working only to get themselves copied. We humans, because of our powers of imitation, have become just the physical “hosts” needed for the memes to get around. This is how the world looks from a “meme’s eye view”.

We humans are strange creatures. There is no doubt that our bodies evolved by natural selection just as other animals’ did. Yet we differ from all other creatures in many ways. For a start we speak. We believe ourselves to be the most intelligent species on the planet. We are extraordinarily widespread and extremely versatile in our ways of making a living. We wage wars, believe in religions, bury our dead, and get embarrassed about sex. We watch television, drive cars and eat ice cream. We have had such a devastating impact upon the ecosystems of our planet that we appear to be in danger of destroying everything on which our lives depend. One of the problems of being a human is that it is rather hard to look at humans with an unprejudiced eye.

On the one hand, we are obviously animals comparable with any others. We have lungs, hearts and brains made of living cells; we eat and breathe and reproduce. Darwin’s theory of evolution by natural selection can successfully explain how we, along with the rest of life on this planet, came to be here and why we all share so many characteristics. On the other hand we behave quite differently from other animals. Now that biology has so successfully explained much of our similarity with other creatures we need to ask the opposite question. What makes us so different? Could it be our superior intelligence, our consciousness, our language, or what?

A common answer is that we are simply more intelligent than any other species. Yet the notion of intelligence is extremely slippery, with interminable arguments about how to define it, how to measure it and to what extent it is inherited. Research in artificial intelligence (AI) has provided some nice surprises for those who thought they knew what makes human intelligence so special.

In the early days of AI, researchers thought that if they could teach a computer to play chess they would have reproduced one of the highest forms of human intelligence. In those days the idea that a computer could ever play well, let alone beat a Grand Master, was unthinkable. Yet now most home computers come with passable chess programs already installed, and in 1997 the program “Deep Blue” beat World Champion Garry Kasparov ending human supremacy at the game. Computers may not play chess in the same way as humans, but their success shows how wrong we can be about intelligence. Clearly what we thought were human beings’ most special capabilities may not be.

Quite the opposite goes for some apparently quite unintelligent things like cleaning the house, digging the garden or making a cup of tea. Time and again AI researchers have tried to build robots to carry out such tasks and been defeated. The first problem is that the tasks all require vision. There is a popular (though possibly apocryphal) story about Marvin Minsky at MIT (the Massachusetts Institute of Technology); that he once gave his graduate students the problem of vision as a summer project. Decades later the problem of computer vision is still just that – a problem. We humans can see so effortlessly that we cannot begin to imagine how complex the process has to be. And in any case this kind of intelligence cannot distinguish us from other animals because they can see too.

If intelligence does not provide simple answers perhaps consciousness might. Many people believe that human consciousness is unique and is responsible for making us human. Yet scientists cannot even define the term `consciousness’. Everyone knows what their own consciousness is like but they cannot share that knowledge with anyone else. This troublesome fact – the subjectivity of consciousness – may explain why for most of this century the whole topic of consciousness was more or less banned from scientific discussion. Now at last it has become fashionable again, but scientists and philosophers cannot even agree on what an explanation of consciousness would look like. Some say that the `Hard Problem’ of subjectivity is quite different from any other scientific problem and needs a totally new kind of solution, while others are sure that when we fully understand brain function and behaviour the problem of consciousness will have disappeared.

Some people believe in the existence of a human soul or spirit that transcends the physical brain and explains human uniqueness. With the decline in religious belief fewer and fewer people intellectually accept that view, yet most of us continue to think of ourselves as a little conscious “me” inside our brain; a “me” who sees the world, makes the decisions, directs the actions and has responsibility for them.

As we shall see later on, this view has to be wrong. Whatever the brain is doing it does not seem to need help from an extra, magical self. Different parts of the brain carry on their tasks independently of each other and countless different things are always going on at once. We may feel as though there is a central place inside our heads in to which the sensations come and from which we consciously make the decisions. Yet this place simply does not exist. Clearly something is very wrong with our ordinary view of our conscious selves. From this confused viewpoint we cannot say with certainty that other animals are not conscious or that consciousness is what makes us unique. So what does?

What makes us different?

The thesis of this book is that what makes us different is our ability to imitate. Imitation comes naturally to us humans. Have you ever sat and blinked, or waved, or “goo gooed”, or even just smiled, at a baby? What happens? Very often they blink too, or wave or smile back at you. We do it so easily, even as an infant. We copy each other all the time. Like seeing, it comes so effortlessly that we hardly think about it. We certainly don’t think of it as being something very clever. Yet, as we shall see, it is fantastically clever.

Certainly other animals don’t take naturally to it. Blink, or wave, or smile at your dog or cat and what happens? She might purr, wag her tail, twitch, or walk away, but you can be pretty sure she will not imitate you. You can teach a cat, or rat, to beg neatly for its food by progressively rewarding it but you cannot teach it by demonstrating the trick yourself – nor can another cat or rat. Years of detailed research on animal imitation has lead to the conclusion that it is extremely rare (I shall return to this in Chapter 4). Though we may think of mother cats as teaching their kittens to hunt, or groom or use the cat door, they do not do it by demonstration or imitation. Parent birds “teach” their babies to fly more by pushing them out of the nest and giving them the chance to try it than by demonstrating the required skills for them to copy.

There is a special appeal to stories of animals copying human behaviour, and pet owners are fond of such tales. I read on the internet about a cat who learned to flush the toilet and soon taught a second cat the same trick. Now the two of them sit together on the cistern flushing away. A more reliable anecdote was told by Diana Reiss, a psychologist at Rutgers University. She works with bottlenose dolphins, who are known to be able to copy vocal sounds and artificial whistles, as well as simple actions (Bauer & Johnson, 1994; Reiss & McCowan, 1993). She trained the dolphins by giving them fish as a reward and also by a “time out” procedure for punishment. If they did the wrong thing she would walk away from the water’s edge and wait for one minute before returning to the pool. One day she threw a fish to one of the dolphins but had accidentally left on some spiky bits of fin. Immediately the dolphin turned, swam away, and waited for a minute at the other side of the pool.

That story touched me because I couldn’t help thinking of the dolphin as understanding the action, as having intelligence and consciousness and intentionality like ours. But we cannot even define these things, let alone be sure that the dolphin was using them in this apparent act of reciprocation. What we can see is that it imitated Dr Reiss in an appropriate way. We are so oblivious to the cleverness of imitation that we don’t even notice how rare it is in other animals and how often we do it ourselves.

Perhaps more telling is that we do not have separate words for radically different kinds of learning. We use the same word “learning” for simple association or `classical conditioning’ (which almost all animals can do), for learning by trial and error or `operant conditioning’ (which many animals can do), and for learning by imitation (which almost none can do). I want to argue that the supreme ease with which we are capable of imitation, has blinded us to this simple fact – that imitation is what makes us special.

Imitation and the meme

When you imitate someone else, something is passed on. This “something” can then be passed on again, and again, and so take on a life of its own. We might call this thing an idea, an instruction, a behaviour, a piece of information … but if we are going to study it we shall need to give it a name.

Fortunately there is a name. It is the “meme”.

The term meme first appeared in 1976, in Richard Dawkins’s best-selling book The Selfish Gene . In that book Dawkins, an Oxford zoologist, popularised the increasingly influential view that evolution is best understood in terms of the competition between genes. Earlier in the twentieth century biologists had blithely talked about evolution occurring for the “good of the species” without worrying about the exact mechanisms involved but in the 1960s serious problems with this view began to be recognised (Williams, 1966). For example, if a group of organisms all act for the good of the group then one individual who does not can easily exploit the rest. He will then leave more descendants who in turn do not act for the group. On the more modern “gene’s eye view”, evolution may appear to proceed in the interests of the individual, or for the good of the species, but in fact it is all driven by the competition between genes. This new viewpoint provided a much more powerful understanding of evolution and has come to be known as `selfish gene theory’.

We must be absolutely clear about what ‘selfish’ means in this context. It does not mean genes for selfishness. Such genes would incline their carriers to act selfishly and that is something quite different. The term ‘selfish’ here means that the genes act only for themselves; their only interest is their own replication; all they want is to be passed on to the next generation. Of course genes do not ‘want’ or have aims or intentions in the same way as people do; they are only chemical instructions that can be copied. So when I say they ‘want’, or are ‘selfish’ I am using a short-hand, but this short-hand is necessary to avoid lengthy explanations. It will not lead us astray if we remember that genes either are or are not successful at getting passed on into the next generation. So the short-hand “genes want x” can always be spelled out as “genes that do x are more likely to be passed on”. This is the only power they have – replicator power. And it is in this sense that they are selfish.

Dawkins also introduced the important distinction between ‘replicators’ and their ‘vehicles’. A replicator is anything of which copies are made, including ‘active replicators’ whose nature affects the chances of their being copied again. A vehicle is the entity that interacts with the environment, which is why Hull (1988a) prefers the term ‘interactors’ for a similar idea. Vehicles or interactors carry the replicators around inside them and protect them. The original replicator was presumably a simple self-copying molecule in the primeval soup but our most familiar replicator now is DNA. Its vehicles are organisms and groups of organisms that interact with each other as they live out their lives in the seas or the air, the forests or fields. Genes are the selfish replicators which drive the evolution of the biological world here on earth but Dawkins believes there is a more fundamental principle at work. He suggested that wherever it arises, anywhere in the universe, “all life evolves by the differential survival of replicating entities” (1976, p 192). This is the foundation for the idea of Universal Darwinism; the application of Darwinian thinking way beyond the confines of biological evolution.

At the very end of the book he asked an obvious, if provocative, question. Are there any other replicators on our planet? The answer, he claimed, is “Yes”. Staring us in the face, though still drifting clumsily about in its primeval soup of culture, is another replicator – a unit of imitation.

“We need a name for the new replicator, a noun that conveys the idea of a unit of cultural transmission, or a unit of imitation. `Mimeme’ comes from a suitable Greek root, but I want a monosyllable that sounds a bit like `gene’. I hope my classicist friends will forgive me if I abbreviate mimeme to meme.”

As examples he suggested “tunes, ideas, catch-phrases, clothes fashions, ways of making pots or of building arches.” He mentioned scientific ideas that catch on and propagate themselves around the world by jumping from brain to brain. He wrote about religions as groups of memes with a high survival value, infecting whole societies with belief in a God or an afterlife. He talked about fashions in dress or diet, and about ceremonies, customs and technologies – all of which are spread by one person copying another. Memes are stored in human brains (or books or inventions) and passed on by imitation.

In a few pages he laid the foundations for understanding the evolution of memes. He discussed their propagation by jumping from brain to brain, likened them to parasites infecting a host, treated them as physically realised living structures, and showed how mutually assisting memes will gang together in groups just as genes do. Most important, he treated the meme as a replicator in its own right. He complained that many of his colleagues seemed unable to accept the idea that memes would spread for their own benefit, independently of any benefit to the genes. “In the last analysis they wish always to go back to `biological advantage’” to answer questions about human behaviour. Yes, he agreed, we got our brains for biological (genetic) reasons but now we have them a new replicator has been unleashed. “Once this new evolution begins, it will in no necessary sense be subservient to the old” (Dawkins, 1976, 193-4). In other words, memetic evolution can now take off without regard to its effects on the genes.

If Dawkins is right then human life is permeated through and through with memes and their consequences. Everything you have learned by imitation from someone else is a meme. But we must be clear what is meant by the word `imitation’ because our whole understanding of memetics depends on it. Dawkins said that memes jump from “brain to brain via a process which, in the broad sense, can be called imitation.” (1976, p 192). I will also use `imitation’ in the broad sense. So if, for example, a friend tells you a story and you remember the gist and pass it on to someone else then that counts as imitation. You have not precisely imitated your friend’s every action and word, but something (the gist of the story) has been copied from her to you and then on to someone else. This is the `broad sense’ in which we must understand the term `imitation’. If in doubt, remember that something must have been copied.

Everything that is passed from person to person in this way is a meme. This includes all the words in your vocabulary, the stories you know, the skills and habits you have picked up from others and the games you like to play. It includes the songs you sing and the rules you obey. So, for example, whenever you drive on the left (or the right!), eat curry with lager or pizza and coke, whistle the theme tune from “Neighbours” or even shake hands, you are dealing in memes. Each of these memes has evolved in its own unique way with its own history, but each of them is using your behaviour to get itself copied.

Take the song “Happy Birthday to You”. Millions of people – probably thousands of millions of people the world over – know this tune. Indeed I only have to write down those four words to have a pretty good idea that you may soon start humming it to yourself. Those words affect you, probably quite without any conscious intention on your part, by stirring up a memory you already possess. And where did that come from? Like millions of other people you have acquired it by imitation. Something; some kind of information, some kind of instruction, has become lodged in all those brains so that now we all do the same thing at birthday parties. That something is what we call the meme.

Memes spread themselves around indiscriminately without regard to whether they are useful, neutral or positively harmful to us. A brilliant new scientific idea, or a technological invention may spread because of its usefulness. A song like “Jingle Bells” may spread because it sounds OK, though it is not seriously useful and can definitely get on your nerves. But some memes are positively harmful – like chain letters and pyramid selling, new methods of fraud and false doctrines, ineffective slimming diets and dangerous medical `cures’. Of course the memes don’t care; they are selfish like genes and will simply spread if they can.

Remember that the same shorthand applies to memes as to genes. We can say that memes are `selfish’, that they `don’t care’, that they `want’ to propagate themselves and so on when all we mean is that successful memes are the ones that get copied and spread, while unsuccessful ones do not. This is the sense in which memes `want’ to get copied, `want’ you to pass them on and `don’t care’ what that means to you or your genes.

This is the power behind the idea of memes. To start to think memetically we have to make a giant flip in our minds just as biologists had to do when taking on the idea of the selfish gene. Instead of thinking of our ideas as our own creations, and as working for us, we have to think of them as autonomous selfish memes, working only to get themselves copied. We humans, because of our powers of imitation, have become just the physical “hosts” needed for the memes to get around. This is how the world looks from a “meme’s eye view”.

Meme fear

This is a scary idea indeed. And perhaps that is why the word “meme” is so often written with inverted commas around it, as though to apologise for using it. I have even seen eminent lecturers raise both hands and tweak them above their ears when forced to say “meme” out loud. Gradually the word has become more generally known, and has even been added to the Oxford English Dictionary. There are discussion groups and a Journal of Memetics on the internet, and the idea almost seems to have acquired a cult following in cyber-space. But in academia it has not yet been so successful. A perusal of some of the best recent books on human origins, the evolution of language and evolutionary psychology shows that the word does not appear at all in most of them (“meme” is not in the index of Barkow, Cosmides and Tooby, 1992; Diamond, 1997; Dunbar, 1996; Mithen, 1996; Pinker, 1994; Ridley, 1996; Tudge, 1995; Wills, 1993; Wright, 1994). The idea of memes seems extremely relevant to these disciplines and I want to argue that it is time for us to take on board the notion of a second replicator at work in human life and evolution.

One of the problems with the idea of memes is that it strikes at our deepest assumptions about who we are and why we are here. This is always happening in science. Before Copernicus and Galileo people believed they lived at the centre of the universe in a world created especially for them by God. Gradually we had to accept, not only that the sun does not revolve around the earth, but that we live on some minor little planet in an ordinary galaxy in a vast universe of other galaxies.

A hundred and forty years ago Darwin’s theory of evolution by natural selection provided the first plausible mechanism for evolution without a designer. People’s view of their own origin changed from the Biblical story of special creation in the image of God, to an animal descended from an ape-like ancestor – a vast leap indeed, and one that lead to much ridicule and fanatical opposition to Darwin. Still – we have all coped with that leap and come to accept that we are animals created by evolution. However, if memetics is valid, we will have to make another vast leap in accepting a similar evolutionary mechanism for the origin of our minds and our selves.

What will determine whether the theory of memes is worth having or not? Although philosophers of science argue over what makes a scientific theory valid, there are at least two commonly agreed criteria and I will use these in judging memetics. First, a theory must be able to explain things better than its rival theories; more economically or more comprehensively. And second, it must lead to testable predictions that turn out to be correct. Ideally those predictions should be unexpected ones – things that no one would have looked for if they weren’t starting from a theory of memetics.

My aim in this book is to show that many aspects of human nature are explained far better by a theory of memetics than by any rival theory yet available. The theory starts only with one simple mechanism – the competition between memes to get into human brains and be passed on again. From this it gives rise to explanations for such diverse phenomena as the evolution of the enormous human brain, the origins of language, our tendency to talk and think too much, human altruism, and the evolution of the internet. Looked at through the new lens of the memes, human beings look quite different.

Is the new way better? It seems obviously so to me, but I expect that many people will disagree. This is where the predictions come in. I shall try to be as clear as I can in deriving predictions and showing how they follow from memetic theory. I may speculate and even, at times, leap wildly beyond the evidence, but as long as the speculations can be tested then they can be helpful. In the end the success or failure of these predictions will decide whether memes are just a meaningless metaphor or the grand new unifying theory we need to understand human nature.

Extract from The Meme Machine