Théorie des champs morphiques

Théorie selon laquelle toutes les formes, minérales ou biologiques, comportementales ou psychiques, obéiraient à des “champs” inconnus de la science actuelle. De nature non énergétique, ces champs constitueraient une mémoire des formes, régie par des lois de résonance dont la plus frappante est que plus la matérialisation d’une forme se répète, plus son champ se renforce, par delà l’espace-temps. Plus un produit se cristallise souvent, plus la forme de son cristal est stable ; plus les gens font du vélo, plus l’apprentissage du vélo est facile ; et une société qui inventerait une attitude radicalement nouvelle influencerait toute l’humanité, même si elle était isolée sur une île inconnue.

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Le plus doué des perroquets télépathes vit à New-York

Le fameux botaniste britannique, qui lança il y a vingt ans sa théorie des champs morphiques, poursuit vaillamment ses recherches, qui pourraient expliquer de nombreux phénomènes inexplicables, tels que la télépathie, la prémonition ou simplement la constance des formes vivantes. Nous sommes allés le voir à Londres, où il nous a convaincus de la nécessité de promouvoir des sciences plus intuitives et plus populaires.

Nouvelles Clés : Vingt-et-un an après la pulication d’Une nouvelle Science de la vie, où en êtes-vous ? En remettant en question à peu près toutes les disciplines scientifiques, votre théorie a rencontré un véritable mur de résistance, on pouvait s’y attendre. Mais vous avez marqué les esprits et un large public éclairé fait régulièrement allusion à vos idées, qui servent de référence. En publiant en 2000 Ces chiens qui attendent leur maître, vous avez débordé de votre lectorat et gagné un nouveau public, non ?

Rupert Sheldrake : C’était un prolonguement naturel d’un chapitre portant sur l’intuition animale dans mon livre précédent, 7 expériences qui peuvent changer le monde. Ce chapitre a emporté une large adhésion populaire, en particulier en Angleterre. J’y évoquais déjà cette capacité étonnante qu’ont certains animaux domestiques à deviner à quel moment leurs maîtres prennent la décision de rentrer chez eux, et ceci, même quand ils se trouvent à des centaines de kilomètres et suivent un emploi du temps irrégulier. Je demandais à mes lecteurs de m’informer d’éventuels faits similaires. J’ai reçu un énorme courrier, par la poste et par email. En réponse à ma demande, des milliers de propriétaires d’animaux ont eu des histoires étonnantes à raconter. Des chats qui décrochent le téléphone, mais uniquement quand c’est leur maîtresse qui appelle. Des chiens qui empêchent leur maître de prendre la route, leur évitant un terrible accident. Des histoires fascinantes, que les journaux ont repris en lançant des tests (en France les magazines Psychologies et Madame Figaro qui m’ont apporté beaucoup d’informations). Et je me suis ainsi retrouvé avec des informations que je n’avais jamais prévues. Avec l’aide de professionnels, j’ai monté une banque de données. J’ai désormais quatre mille histoires référencées, venues du monde entier. Progressivement, une véritable histoire naturelle des comportements animaux inexpliqués a émergé. De nouvelles catégories sont apparues… Bref, il y avait à l’évidence matière à un livre en soi, tout-à-fait différent des précédents, en particulier parce que nourri de cette vaste participation populaire. En fait, c’est une nouvelle forme de science populaire, que j’appelais précisément de mes vœux dans les 7 expériences…

Et quand le nouveau livre est paru, mes éditeurs américains, britanniques et allemands ont décidé de le promouvoir très différemment. Il ne s’agissait plus de présenter la théorie de la résonance morphique à un petit public de passionnés des nouvelles idées en science, mais de la diffuser dans le grand public des propriétaires de chiens et de chats. Si bien que ce livre s’est beaucoup plus vendu que les autres : 250 000 aux USA, 80 000 en GB, 150 000 en Allemagne…, et il a été traduit dans au moins douze autres langues – je ne suis pas tenu au courant par mon éditeur français, qui a très mal vendu l’ouvrage, alors que la France est le pays qui compte le plus de propriétaires d’animaux domestiques. Mon agent s’est d’ailleurs mis à la recherche d’un nouvel éditeur.

L’impact public a été important. J’avais sous-estimé l’intérêt que les gens accordent à leurs animaux de compagnie. En Amérique, je suis passé dans les plus grands shows les plus populaires, Good Morning America, 20/20, etc. Mon travail jusque là avait plutôt intéressé des programmes et des magazines alternatifs… Le résultat, c’est que j’ai trouvé davantage d’histoires, davantage de cas de comportements animaux inexpliqués, ce qui a provoqué une véritable accélération du phénomène. Des gens qui n’avaient jamais prêté attention à leur animal de compagnie ont découvert des choses intéressantes et en ont parlé, etc.

N. C. : Comment la communauté scientifique a-t-elle réagi ?

R. S. :Collectivement, elle demeure très conservatrice. Individuellement, beaucoup de chercheurs sont intéressés, notamment ceux qui ont eux-mêmes un chien qui les attend à la porte quand ils rentrent du travail. Même s’ils disent dans leurs labos que ce genre de chose n’existe pas, quand ils rentrent chez eux, ils voient bien que si. Ainsi, le fossé entre ce que les scientifiques peuvent dire en public et ce qu’il peuvent dire en privé s’est élargi.

N. C. : Mais de nouveaux scientifiques, tels qu’un Boris Cyrulnik en France, peuvent très bien changer de point de vue…

R. S. : Certes, mais le problème chez les scientifiques, partout où je vais, c’est qu’ils commencent par me dire combien ils trouvent ces recherches passionnantes et combien leurs étudiants aimeraient s’y joindre, avant d’avouer qu’il leur serait impossible d’obtenir le moindre budget sur de tels sujets. C’est pareil dans le monde entier. Le financement de la recherche est tenu par une bureaucratie aux vues étroites et nulle part ça ne se passe de façon démocratique. Les bureaucrates se cooptent et écoulent l’argent public dans leurs propres filières. De lui-même, ce système ne se réformera jamais. La décision doit venir du public et des dirigeants politiques. J’ai une proposition à ce sujet, qui a déjà été présentée en Allemagne, dans Die Zeit, et qui le sera bientôt en Grande-Bretagne, dans le New Scientist. Voici : je propose que 1% du financement public de la science soit consacré à des recherches qui intéressent explicitement les contribuables – eux qui payent 100% de ce budget ! 99% du budget continueraient à aller à des recherches qui ne les intéressent pas forcément mais qui alimentent les gros fabriquants de médicaments, les filières paramilitaires de la physique des hautes énergies et l’establishment scientifique habituel. Bref, voilà : je propose que 1% du budget aille à des filières non-conventionnelles et soit géré autrement.

Il y aurait différentes façons de savoir quelles recherches le public aimerait voir financées – par le biais de sondages et de consultations d’associations, de sociétés savantes, d’organisations écologiques, de municipalités, de syndicats, de praticiens alternatifs, toutes sortes d’organisations et de gens susceptibles d’avoir des idées et capables de les défendre en public. Des bourses pourraient être distribuées. Et cela libèrerait toute une imagination chez les scientifiques, qui ne peuvent rien faire sans budget. De nombreux étudiants pourraient retrouver de cette façon un enthousiasme qu’ils ont perdu vis-à-vis de la science, parce qu’elle-ci est trop rigide. De leur côté, les journalistes scientifiques auraient un nouveau type d’informations à véhiculer, des histoires plus populaires à raconter.

Proposée en privé, cette idée a immédiatement soulevé un grand intérêt dans les médias et auprès des politiques, qui ne détestent jamais plaire au public. Je serais heureux de discuter avec vous de la possibilité de lancer cette proposition en France…

N. C. : Nous voudrions vous poser deux sortes de questions : concernant vos dernières recherches et concernant l’intuition…

R. S. : Ce qui se rejoint. Les animaux ont incontestablement de l’intuition. Une grande partie de cette intuition, comme celle des humains, est biologique. Celle des animaux est plus intense…

N. C. : Peut-on dire que l’intuition est une capacité à capter un champ morphogénique ?

R. S. : Les champs morphiques pourraient aider à expliquer la télépathie. Ils éclairent les liens à distance entre les gens et entre les groupes vivants. L’idée de base est que tout groupe social a un champ, qui inclut tous ses membres : meute de loups, banc de poissons, vol de canards… Même chose pour une famille d’humains, en incluant éventuellement le chien ou le chat du foyer. Quand l’un des membres s’en va, le champ le suit, s’étendant aussi loin que lui. La télépathie ne fonctionne jamais aussi bien qu’entre des êtres, humains ou animaux, ayant des liens puissants. Un animal de compagnie connaît chacun des membres de la maison où il vit, mais 70% des chiens ont un lien privilégié avec une personne précise.

La résonance morphique a trait à la mémoire du champ. C’est elle qui donnerait aux êtres l’intuition de ce qu’il convient de faire dans des situations qu’ils n’ont jamais connues eux-mêmes mais que d’autres ont connues avant eux. C’est un peu comme l’instinct.

L’intuition de ce qui va venir est différente. La résonance morphique ne peut s’étendre que vers le passé, pas vers l’avenir. La précognition (connaître à l’avance) ou la prémonition (être mis en garde à l’avance) sont donc beaucoup plus difficilee à expliquer, surtout la première. Qu’estce vous qui alerte, un jour ou deux avant un accident ? Quand un animal sent venir un tremblement de terre à l’avance, il se pourrait qu’il ait une prémonition tout simplement sensorielle : d’infimes émanations de gaz, de micro-changements du magnétisme terrestre peuvent survenir avant un séisme et n’être perçus que par certains êtres, certaines espèces. La précognition est plus mystérieuse et controversée. Personne n’a vraiment de pistes. C’est une question ouverte. Comment expliquer qu’un animal sache à l’avance qu’une bombe va exploser ? Pendant la seconde Guerre Mondiale, en Angleterre et en Allemagne, beaucoup d’animaux alertaient leurs maîtres avant les raids aériens, bien avant que l’on puisse détecter sensoriellement les avions. Or, un chien britannique ne pouvait raisonnablement détecter un avion allemand encore en train de survoler la Hollande et se dirigeant vers Londres – d’autant que les vents viennent généralement de l’ouest. Et pourtant nous avons rassemblé de nombreux témoignages. Et comment expliquer qu’une personne puisse soudain décider de ne pas prendre un avion, une heure avant que celui-ci ne s’écrase ? De quelle préconnaissance s’agit-il là ? Ce sont des questions que je pose dans mon prochain livre, qui sera consacré aux aptitudes humaines inexpliquées, et particulièrement à toutes les prémonitions qui ont eu trait au désastre du World Trade Center.

N. C. : Ah bon ?

R. S. : Dans les jours qui ont suivi l’attentat, j’ai fait mettre des affiches à Manhattan, dans l’Union Square, et des annonces dans le Village Voice, demandant à quiconque aurait eu des prémonitions sur ce qui allait se passer de me le faire savoir par e-mail. J’ai reçu des dizaines de réponses. Certaines font état de rêves stupéfiants, faits dans les jours qui ont précédé le 11 septembre. Bien sûr, il s’agit d’un matériau difficile à utiliser et à quantifier, qu’il faudrait comparer à des données statistiques ordinaires, que nous ne possédons pas. Combien de cauchemars font les gens en temps normal ? Et combien de passagers de l’air décident brusquement de ne pas monter dans un avion… auquel il n’arrive finalement rien ? On ne sait pas. Je suis en rapport avec les compagnies aériennes américaines, pour essayer d’accéder à des statistiques qui sont soit confidentielles, soit inexistantes. Si je les obtiens, il serait intéressant de vérifier si, lee 10 et 11 septembre 2001, un nombre significativement plus grand de passagers se sont désistés de leurs vols.

Dans les années 1950, quelqu’un avait procédé à une étude de ce type, concernant les deux plus terribles accidents ferroviaires de la période. Il découvrit que dans les deux cas, en comparant avec les jours précédents, d’avantage de gens avaient renoncé à leur voyage au dernier moment. L’un des dirigeants d’American Airlines s’intéresse à ma recherche et serait prêt à m’aider. Malheureusement toutes les données du 11 septembre sont entre les mains du FBI – les compagnies elles-mêmes n’y ont pas accès. Mais ne relâche pas mon effort.

N. C. : Vous me disiez que vous veniez d’achever un nouveau livre… ?

R. S. : Oui, concernant aussi bien les humains que les animaux. J’ai été particulièrement intéressé par les perroquets télépathes. Ils sont plus impressionnants que les chiens et les chats, car si ces derniers peuvent nous montrer ce qu’ils ressentent par leur comportement, les perroquets télépathes, eux, le font avec des mots ! C’est stupéfiant. Le plus doué des perroquets parleurs et télépathes que je connais vit à New York. Il appartient à une artiste, Aimée Morgana, qui avait été impressionnée par les travaux d’Irene Paperbag – une scientifique américaine qui a étudié le langage des perroquets en Afrique et a prouvé que ces oiseaux comprennent le sens des mots qu’ils utilisent. Elle travaille maintenant au M.I.T. et a publié un livre énorme où elle montre que les perroquets sont capables de former des concepts, etc. C’est nouveau et important. Jusque-là, la plupart des recherches sur l’intelligence animale étaient axées sur le travail avec les chimpanzés et les gorilles, et partaient de l’a priori que les formes d’intelligence supérieure nécessitent un gros cerveau. Aucun chercheur ne pensait que les perroquets pouvaient être vraiment intelligents. Or, ils le sont et leur cerveau est petit…

Bref, partant de ces données, Aimée Morgana a entrainé son perroquet. Quand j’ai fait sa connaissance, en 2000, celui-ci avait un vocabulaire d’environ huit cents mots (c’est sans doute le record du monde) ! Ayant lu mon livre sur les animaux, elle m’a envoyé un mail, où elle expliquait qu’au fil du temps, elle s’était rendu compte que son perroquet était capable de capter ses pensées. Par exemple, si elle lit un magazine, il lui arrive de commenter ce qu’elle regarde – alors qu’il est loin d’elle, dans une autre pièce, il peut dire : “Oh, la belle voiture !”

pile au moment où elle en regarde une. Ou bien il lui dit : “Téléphone à Bob !”, à l’instant même où elle avait la même pensée. Et plusieurs fois, le perroquet l’a réveillée en commentant la scène qu’elle était en train de rêver. Une fois, par exemple, elle était en train de rêver qu’elle allait enregistrer quelqu’un sur un magnétophone et s’apprêtait à appuyer sur le bouton, quand elle a été réveillée par le perroquet en train de crier : “Presse le bouton !”

N. C. : Beaucoup de psychiatres qui ont travaillé avec des psychotiques (dont les mécanismes de refoulement sont peut-être en panne) disent que ceux-ci peuvent lire dans leurs pensées. Que cela se passe avec des animaux laisse supposer un phénomène bien plus large. Mais, dans le cas que vous venez de citer, ne pourrait-on penser que c’est plutôt le cri du perroquet qui a provoqué le rêve de sa maîtresse ?

R. S. : Possible, bien sûr ! Mais les exemples du même genre convergent de manière impressionnante vers l’hypothèse d’une véritable télépathie. Je suis donc allé voir cette femme à Manhattan. Nous avons fait des tests. Par exemple, avons regardé des images et tandis que nous hésitions encore pour savoir sur laquelle nous allions nous concentrer, au moment où Aimée regardait celle d’une petite fille, de l’étage supérieur nous est parvenu la voix du perroquet : “That’s a girl !” J’étais sidéré. Nous avons donc conçu un protocole expérimental. Nous avons choisi cent cinquante photos de sujets dont le perroquet possède le vocabulaire, qui ont été enfermées dans des enveloppes scellées par une tierce personne, ignorant tout du sujet. Puis ces enveloppes, rangées de façon aléatoire, ont été confiées à Aimée, que l’on a enfermée dans une pièce et filmée par une caméra, tandis que le perroquet était enfermé dans une autre pièce, à un autre étage et filmé lui aussi. L’expérience consistait à ouvrir les enveloppes dans l’ordre aléatoire puis à les ouvrir l’une après l’autre en restant concentré pendant deux minutes sur chacune. Le résultat fut frappant, j’en publierai les résultats dans une revue scientifique avant d’en parler davantage, mais, devant des témoins objectifs, le perroquet a prononcé les mots correspondants à ce que sa maîtresse regardait un nombre considérable de fois – beaucoup plus souvent que si cela s’était produit par hasard. D’après ce test, ce perroquet est réellement télépathe. Bien sûr, il s’agit là d’un perroquet exceptionnel, entraîné par une personne qui lui est entièrement dévouée. Il chante aussi, en particulier les derniers tubes à la mode ! Nous montrerons la vidéo au public après la publication officielle…

N. C. : L’impression d’être regardé est l’un des tests que vous proposiez dans 7 expériences qui peuvent changer le monde…

R. S. : C’est celle de nos expériences qui a le mieux fonctionné du point de vue scientifique.

Le prochain livre en parlera. Ce livre comprendra trois grandes parties : 1°) la télépathie humaine ; 2°) l’impression d’être regardé ; 3°) prémonition, précognition et préssentiment. Dans les trois cas, on peut dire que l’intuition est en jeu. J’ai déjà fait allusion au préssentiment dans le livre sur les animaux, avec cette expérience sur l’ordinateur qui projette des images dans un ordre aléatoire en direction d’un observateur dont on mesure précisément l’activité émotionnelle. Il apparaît que l’épiderme du sujet “préssent” les images émouvantes deux à trois secondes avant leur projection. Je me suis moi-même soumis à cette expérience, c’est étonnant. Et il n’y a encore aucune explication.

Mais le plus étonnant, que je n’ai pas testé personnellement, concerne sûrement la précognition, où l’on a assisté à l’une des plus remarquables percées récentes de la parapsychologie. À la base, il y a une expérience que beaucoup de gens (60% de ceux que j’ai interrogés) a déjà connue : celle de se réveiller un très court instant avant son réveil-matin, même quand celui-ci a été réglé sur une heure inhabituelle. L’explication officielle dit que nous aurions en nous une “horloge biologique”, mais la plupart des gens n’ont par ailleurs qu’une idée très approximative de l’heure qu’il est et de toute façon nous ne possédons aucune piste pouvant conduire à cette horloge. D’autre part, le fait même de se lever à une heure physiquement aussi précise, et souvent en pleine nuit, est un fait radicalement nouveau dans l’histoire de l’humanité. Nos ancêtres avaient tendance à se coucher et à se lever avec le soleil. Les comportements d’Homo industrialis sont totalement non-naturelles. Ils n’ont aucun précédent. Et pourtant, l’aptitude à se réveiller à la minute près est universelle. Mon hypothèse est qu’il s’agit d’une précognition de la sonnerie du réveil. Ce serait pour éviter cette sonnerie que nous nous réveillerions. Biologiquement, ce serait plausible. Un animal endormi pourrait anticiper un désastre – ou un mini-désastre telle une sonnerie – et se réveiller. Pour tester cette hypothèse, il nous faut placer à côté de personnes endormies des réveils remontés .à des heures aléatoires (avec le réveil téléphonique, c’est encore plus simple).

N. C. : Cette précognition aurait donc une base explicable ?

R. S. : À vrai dire non, pour le moment elle reste un vrai mystère. Nous ne pouvons pas la mettre en rapport avec la résonance morphique, mais peut-être avec la théorie plus générale que je propose dans mon prochain livre et qui est l’idée de l’esprit étendu (extended mind) : notre esprit s’étend au-delà de notre cerveau, tout comme les ondes téléphoniques dépassent nos téléphones. Le cerveau et le corps ne sont qu’une partie du système. Le problème de la science actuelle est qu’elle suppose que l’esprit est limité au cerveau. Cela n’est pas prouvé, juste l’idéologie matérialiste en a fait, non une hypothèse, mais un dogme. C’est une impasse qui inhibe la recherche et la trouble. C’est aussi un énorme gaspillage de milliards de dollars chaque année, à la recherche d’impossibles solutions. C’est la raison pour laquelle la psychologie académique a si peu progressé.

Je pense, quant à moi, que notre esprit est étendu dans l’espace, et aussi dans le temps. Nos intentions s’étendent vers le futur. Par exemple, votre intention de rentrer demain à Paris met en œuvre tout un plan qui s’étend dans l’espace et dans le temps, avec des sortes de pseudopodes mentaux.

N. C. : Cela fait penser aux recherches de l’Institut des Sciences Noétiques, en Californie…

R. S. : Oui, j’en d’ailleurs fait partie… Ces extensions existent, même si nous ne les comprenons pas. Le problème des précognitions, c’est qu’elles ne peuvent être reconnues comme telles qu’après coup. Jusque-là, ce sont des probabilités. Beaucoup de prémonitions supposées s’avèrent fallacieuses. Il m’est arrivé d’être persuadé que le vol où je venais de m’embarquer allait s’écraser – au point de prévoir ce qu’allaient devenir mes enfants, bientôt orphelins de père. Voilà les difficultés.

Par contre, l’expérience de “se sentir observé” a fait l’objet de centaines et de centaines de tests qui ont été vraiment positifs…

Source
Site de Rupert Sheldrake

Morphic Fields and Morphic Resonance

The hypothesis of formative causation, which I first proposed in 1981 (SHELDRAKE, 1981) postulates that organisms are subject to an influence from previous similar organisms by a process called morphic resonance. Through morphic resonance, each member of a species draws upon, and in turn contributes to, a pooled or collective memory.

The hypothesis of formative causation, which I first proposed in 1981 (SHELDRAKE, 1981) postulates that organisms are subject to an influence from previous similar organisms by a process called morphic resonance. Through morphic resonance, each member of a species draws upon, and in turn contributes to, a pooled or collective memory. Thus, for example, if animals learn a new skill in one place, similar animals raised under similar conditions should subsequently tend to learn the same thing more readily all over the world. Likewise, people should tend to learn more readily what others have already learnt, even in the absence of any known means of connection or communication. In the human realm, this hypothesis resembles C.G. Jung’s postulate of the collective unconscious (SHELDRAKE, 1988). The hypothesis also applies in the chemical and physical realms, and predicts, for example, that crystals of new compounds should become easier to crystallize all over the world the more often they are made. There is already circumstantial evidence that this actually happens (SHELDRAKE, 1981; 1988).

The hypothesis of formative causation raises many theoretical and philosophical questions, which I have discussed in detail in my books (SHELDRAKE, 1981; 1988; 1990), but as a scientific hypothesis, its value has to be assessed by empirical tests. Most experimental tests of this hypothesis to date have involved human learning, and results so far have supported it (SHELDRAKE, 1986; 1988; MAHLBERG, 1987; ERTEL, 1992).

When I first proposed the hypothesis of formative causation in 1981, it aroused considerable controversy, and was attacked in an editorial in Nature entitled «Â A Book for Burning? » (ANON, 1981). As a result of this attack, Steven Rose of the Biology Department at the Open University in Britain, wrote to me offering facilities in his laboratory for testing the hypothesis in the learning of animals. We discussed this possibility soon afterwards, but for various practical reasons, nothing came of it. In 1988, as a result of an article I wrote on morphic resonance in The Guardian, a British newspaper, Rose wrote an attack on the concept and publicly repeated his offer to test this «Â seemingly absurd hypothesis » in his laboratory (ROSE, 1988). This time, it was possible to take up the offer. Funding was available, and a summer student, Ms Amanda Harrison, was appointed to carry out the experiment in the summer of 1990. She knew nothing of morphic resonance, and was deliberately not informed of the hypothesis being tested until the experiments were completed. Thus the experiment described below was performed blind. The design was agreed in advance by Rose and myself, and we both recorded our predictions before the experiment began. Rose predicted that the experiment would show no morphic resonance effects; I predicted that it would.

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Morphic Fields and Morphic Resonance

An Introduction

by Rupert Sheldrake

In the hypothesis of formative causation, discussed in detail in my books A NEW SCIENCE OF LIFE and THE PRESENCE OF THE PAST, I propose that memory is inherent in nature. Most of the so-called laws of nature are more like habits.

My interest in evolutionary habits arose when I was engaged in research in developmental biology, and was reinforced by reading Charles Darwin, for whom the habits of organisms were of central importance. As Francis Huxley has pointed out, Darwin’s most famous book could more appropriately have been entitled The Origin of Habits.

Morphic fields in biology
Over the course of fifteen years of research on plant development, I came to the conclusion that for understanding the development of plants, their morphogenesis, genes and gene products are not enough. Morphogenesis also depends on organizing fields. The same arguments apply to the development of animals. Since the 1920s many developmental biologists have proposed that biological organization depends on fields, variously called biological fields, or developmental fields, or positional fields, or morphogenetic fields.

All cells come from other cells, and all cells inherit fields of organization. Genes are part of this organization. They play an essential role. But they do not explain the organization itself. Why not?

Thanks to molecular biology, we know what genes do. They enable organisms to make particular proteins. Other genes are involved in the control of protein synthesis. Identifiable genes are switched on and particular proteins made at the beginning of new developmental processes. Some of these developmental switch genes, like the Hox genes in fruit flies, worms, fish and mammals, are very similar. In evolutionary terms, they are highly conserved. But switching on genes such as these cannot in itself determine form, otherwise fruit flies would not look different from us.

Many organisms live as free cells, including many yeasts, bacteria and amoebas. Some form complex mineral skeletons, as in diatoms and radiolarians, spectacularly pictured in the nineteenth century by Ernst Haeckel. Just making the right proteins at the right times cannot explain the complex skeletons of such structures without many other forces coming into play, including the organizing activity of cell membranes and microtubules.

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Most developmental biologists accept the need for a holistic or integrative conception of living organization. Otherwise biology will go on floundering, even drowning, in oceans of data, as yet more genomes are sequenced, genes are cloned and proteins are characterized.

I suggest that morphogenetic fields work by imposing patterns on otherwise random or indeterminate patterns of activity. For example they cause microtubules to crystallize in one part of the cell rather than another, even though the subunits from which they are made are present throughout the cell.

Morphogenetic fields are not fixed forever, but evolve. The fields of Afghan hounds and poodles have become different from those of their common ancestors, wolves. How are these fields inherited? I propose that that they are transmitted from past members of the species through a kind of non-local resonance, called morphic resonance.

The fields organizing the activity of the nervous system are likewise inherited through morphic resonance, conveying a collective, instinctive memory. Each individual both draws upon and contributes to the collective memory of the species. This means that new patterns of behaviour can spread more rapidly than would otherwise be possible. Foe example, if rats of a particular breed learn a new trick in Harvard, then rats of that breed should be able to learn the same trick faster all over the world, say in Edinburgh and Melbourne. There is already evidence from laboratory experiments (discussed in A NEW SCIENCE OF LIFE) that this actually happens.

The resonance of a brain with its own past states also helps to explain the memories of individual animals and humans. There is no need for all memories to be “stored� inside the brain.

Social groups are likewise organized by fields, as in schools of fish and flocks of birds. Human societies have memories that are transmitted through the culture of the group, and are most explicitly communicated through the ritual re-enactment of a founding story or myth, as in the Jewish Passover celebration, the Christian Holy Communion and the American thanksgiving dinner, through which the past become present through a kind of resonance with those who have performed the same rituals before.

The memory of nature
From the point of view of the hypothesis of morphic resonance, there is no need to suppose that all the laws of nature sprang into being fully formed at the moment of the Big Bang, like a kind of cosmic Napoleonic code, or that they exist in a metaphysical realm beyond time and space.

Before the general acceptance of the Big Bang theory in the 1960s, eternal laws seemed to make sense. The universe itself was thought to be eternal and evolution was confined to the biological realm. But we now live in a radically evolutionary universe.

If we want to stick to the idea of natural laws, we could say that as nature itself evolves, the laws of nature also evolve, just as human laws evolve over time. But then how would natural laws be remembered or enforced? The law metaphor is embarrassingly anthropomorphic. Habits are less human-centred. Many kinds of organisms have habits, but only humans have laws. The habits of nature depend on non-local similarity reinforcement. Through morphic resonance, the patterns of activity in self-organizing systems are influenced by similar patterns in the past, giving each species and each kind of self-organizing system a collective memory.

I believe that the natural selection of habits will play an essential part in any integrated theory of evolution, including not just biological evolution, but also physical, chemical, cosmic, social, mental and cultural evolution (as discussed in THE PRESENCE OF THE PAST ).

Habits are subject to natural selection; and the more often they are repeated, the more probable they become, other things being equal. Animals inherit the successful habits of their species as instincts. We inherit bodily, emotional, mental and cultural habits, including the habits of our languages.

Fields of the mind
Morphic fields underlie our mental activity and our perceptions, and lead to a new theory of vision, as discussed in THE SENSE OF BEING STARED AT. The existence of these fields is experimentally testable through the sense of being stared at itself. There is already much evidence that this sense really exists Papers on Staring

You can take part in a staring experiment yourself through this web site. Staring Experiments

The morphic fields of social groups connect together members of the group even when they are many miles apart, and provide channels of communication through which organisms can stay in touch at a distance. They help provide an explanation for telepathy. There is now good evidence that many species of animals are telepathic, and telepathy seems to be a normal means of animal communication, as discussed in my book DOGS THAT KNOW WHEN THEIR OWNERS ARE COMING HOME. Telepathy is normal not paranormal, natural not supernatural, and is also common between people, especially people who know each other well.

In the modern world, the commonest kind of human telepathy occurs in connection with telephone calls. More than 80% of the population say they have thought of someone for no apparent reason, who then called; or that they have known who was calling before picking up the phone in a way that seems telepathic. Controlled experiments on telephone telepathy have given repeatable positive results that are highly significant statistically, as summarized in THE SENSE OF BEING STARED AT and described in detailed technical papers which you can read on this web site. Papers on Telepathy Telepathy also occurs in connection with emails, and anyone who is interested can now test how telepathic they are in the online telepathy test. Experiments Online

The morphic fields of mental activity are not confined to the insides of our heads. They extend far beyond our brain though intention and attention. We are already familiar with the idea of fields extending beyond the material objects in which they are rooted: for example magnetic fields extend beyond the surfaces of magnets; the earth’s gravitational field extends far beyond the surface of the earth, keeping the moon in its orbit; and the fields of a cell phone stretch out far beyond the phone itself. Likewise the fields of our minds extend far beyond our brains.

February 2005

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