Ribhu Gita

Demeure en tant que Cela qui est atteint facilement quand on est convaincu de n‘être pas différent du Suprême Absolu, d’où résulte, quand la conviction devient ferme, l’expérience de la Suprême Grâce du Réel, ce qui produit un sens de satisfaction incomparable et complète quand l’esprit est absorbé en Lui -et sois heureux, sans la moindre trace de pensée.

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La Ribhu Gita, littéralement “ Chant de Ribhu, est la sixième partie du Shiva Rahasya, un texte mystique légendaire d’Inde. La totalité de la Ribhu Gita est censée représenter l’enseignement donné au Sage Ribhu par Dieu lui-même, sous la forme de Lord Shiva, l’aspect sans forme de la divine activité, en laquelle tous les êtres et choses sont déjà éternellement absorbés.

Bhagavan Sri Ramana Maharshi attribuait une valeur unique à cet exposé lucide de la vérité suprême. Il y fit référence souvent dans ses causeries avec dévôts et chercheurs, et on rapporte qu’il aurait dit que si l’on répétait le chapitre 26 de la Ribhu Gita, on pouvait passer spontanément en samadhi ou l‘état naturel de réalisation du Soi.

1. Je vais t’exposer maintenant la méthode pour demeurer dans la Réalité indifférenciée qui inclut tout. Cet enseignement est secret et difficile à comprendre même avec l’aide de nombreuses Saintes Ecritures. Même les êtres célestes et les praticiens de disciplines spirituelles qui l’ont tenue pour chère l’ont acquise avec difficulté. Suis ce que je dis, et en plongeant dans la Réalité, sois heureux.

2. Mon fils! Les sages réalisés disent que l’inhérence absolue dans la Réalité signifie devenir un avec l’immuable, tranquille, non-duel Être suprême absolu qui est Être-Conscience-Béatitude, et le Soi de tous, et faire du mental baladeur un avec Cela, comme l’union proverbiale du lait et de l’eau, absolument libre de tous les concepts.

3. Quand on scrute la variété de la manifestation, on réalise qu’elle n’existe pas réellement et que tout est l’indifférencié Être Suprême Absolu qui n’est pas différent du Soi et de soi-même. Faites en sorte que cette connaissance devienne ferme par une pratique constante.
Alors détournant ton regard de tout, devient un avec la Réalité Suprême Absolue, et demeurant en Cela, sois heureux.

4. Demeure en tant que Cela qui ne montre, après être scruté, aucune dualité dans la forme de ces objets variés ou sans la moindre trace de cause et d’effet, Cela en quoi, quand le mental est absorbé en Cela, il n’y a aucune peur de la dualité, du tout – et sois toujours heureux, inébranlable et libère la peur montant de la dualité.

5. Demeure en tant que Cela en quoi il n’y a ni pensées, ni imaginations, ni paix ou self-contrôle, ni mental ou intellect, ni confusion ou certitude, ni être ou non-être, et aucune perception de dualité -et sois toujours heureux, inébranlable et absolument libre de la peur qui monte de la dualité.

6. Demeure en tant que Cela en quoi il n’y a aucun défaut ni aucune qualité, ni plaisir ou douleur, ni pensée ou silence, ni misère, ni austérités pratiquées afin de se libérer de la misère, ni idée “je-suis-ce-corps”, ni objet ou n’importe quelle perception -et sois toujours heureux, libre de toutes les traces de la pensée.

7. Demeure en tant que Cela en quoi il n’y a aucun effort, ni physique, ni mental, ou verbal, ou de n’importe quelle sorte, ni péché ou vertu, ni attachement avec ses conséquences -et sois toujours heureux, libre de toutes les traces de la pensée.

8. Demeure en tant que Cela où il n’y a ni pensées ni penseur, ni création, préservation ou dissolution du monde, rien à aucun moment -et sois heureux, libre des traces de la pensée.

9. Demeure en tant que Cela en lequel il n’y a aucun pouvoir d’illusion limitant le Soi, ainsi que ses effets, ni connaissance ou ignorance, ni âme séparée ou Seigneur de la Création, ni être ni non-être, ni monde ni Dieu – et sois heureux, libre de toutes les traces de la pensée.

10. Demeure en tant que Cela en quoi il n’y a pas de dieux et leur adoration, ni aucun des trois aspects divins du Créateur, Préservateur et Destructeur, ou méditation sur eux, ni Dieu sans forme Suprême, ni méditation sur Lui -et sois heureux, sans la moindre trace de pensée.

11. Demeure en tant que Cela en lequel il n’y aucun esclavage mûrissant vers des bonnes oeuvres, ni recherche de dévotion au Divin, ni sagesse consciente, ni fruit de l’action à savourer, ni état suprême séparé de lui, ni moyens d’obtention, ni objets à atteindre, et sois heureux toujours, libre de toute trace de pensée.

12. Demeure en tant que Cela en lequel il n’y a ni corps, ni sens, ni forces vitales, ni mental, ou intellect ou imagination, ni ego ni ignorance, ni personne qui s’y identifie, ni macrocosme ou microcosme et sois heureux toujours, libre de toutes les traces de pensée.

13. Demeure en tant que Cela en lequel il n’y a ni désir ni colère, ni cupidité ni illusion, ni mauvaise volonté ou orgueil, ni impuretés de l’esprit, ni les fausses notions d’esclavage et de libération -et sois heureux, libre de toutes les traces de pensée.

14. Demeure en tant que Cela en lequel il n’y a ni commencement ni fin, ni sommet, ou bas, ou milieu, ni lieu sacré ou dieu, ni offrandes ou actes pieux, ni espace ou temps, ni objets de perception -et sois heureux toujours, libre de toute trace de pensée.

15. Demeure en tant que Cela en lequel il n’y a aucune discrimination entre le réel et l’irréel, aucune absence de désir, aucune possession de vertus, aucun espoir de libération, aucun maître compétent ou disciple, aucune connaissance établie, aucun état réalisé, aucune libération de son vivant ou après la mort, rien de tel à aucun moment -et sois heureux toujours, libre de toute trace de pensée.

16. Demeure en tant que Cela en lequel il n’y a pas de Saintes Ecritures, ou de livres sacrés, personne qui pense, aucune objection ou réponse, aucune théorie à établir ou rejeter, rien d’autre que un Soi -et sois toujours heureux, libre de la moindre trace de pensée.

17. Demeure en tant que Cela en lequel il n’y a aucun débat, succès ou échec, aucun mot et son sens, aucun discours, aucune différence entre l‘âme et l‘Être suprême, aucune des multiples causes et conséquences -et sois heureux, sans la moindre trace de pensée.

18. Demeure en tant que Cela en lequel il n’y a aucun besoin d‘écouter, réfléchir ou pratiquer, aucune méditation à pratiquer, aucune différence d‘égalité, inégalité, ou contradictions internes, ni mots et leurs significations -et sois heureux toujours, libre de la moindre trace de pensée.

19. Demeure en tant que Cela en lequel il n’y a aucune peur de l’enfer, ni joies célestes, ni mondes du Dieu Créateur ou d’autres dieux, et rien qui puissent être obtenu d’eux, ni autre monde ou univers de n’importe quelle sorte -et sois toujours heureux, sans la moindre trace de pensée.

20. Demeure en tant que Cela en lequel il n’y a aucune trace des éléments ni aucun iota de leurs dérivés, aucun sens du “je”, ou “mental”, aucune imagination mentale, aucun défaut d’attachement, aucun concept quel qu’il soit -et sois heureux toujours, libre de la moindre trace de pensée.

21. Demeure en tant que Cela en lequel il n’y a aucun des trois espèces de corps (corps physique grossier, subtil interne, ou sans forme et plus subtil encore), le rêve et le sommeil, rien des trois sortes d‘âmes (celles qui sont pleinement préparées à l’avancement spirituel, celles qui sont moins préparées, et celles qui ne sont pas préparées du tout), aucune des trois sortes d’afflictions (celles du corps, celles causées par les éléments, et celles causées par les êtres subtils et les pouvoirs spirituels), aucune des cinq couches fonctionnelles (physique grossier, vital, psychique-émotionnel, mental, et celle de béatitude sans forme), et personne pour s’identifier à elles- et sois toujours heureux, sans la moindre trace de pensée.

22. Demeure en tant que cela en lequel il n’y a objet sensible, ni pouvoir de masquer la Réalité, ni différence d’aucune sorte, aucun pouvoir de projeter des objets irréels, aucun pouvoir d’aucune sorte, aucune notion fausse à propos du monde -et sois heureux toujours, sans la moindre trace de pensée.

23. Demeure en tant que Cela en lequel il n’y aucun organe des sens ni personne pour les utiliser, Cela en lequel la grâce transcendante est expérimentée, Cela qui est absolument immédiat, qui donne l’immortalité quand on le réalise et qu’on l’atteint, et le devenant, on se libère du cycle des naissances et des morts -et sois heureux encore, sans la moindre trace de pensée.

24. Demeure en tant que Cela, en en réalisant et expérimentant la grâce, toutes les joies apparaissent comme les joies de Cela, qui, clairement connu pour être soi-même, montre qu’il n’y a rien qui soit séparé de soi-même, et le sachant, toutes sortes d‘âmes séparées sont libérées -et sois toujours heureux, sans la moindre trace de pensée.

25. Demeure en tant que Cela, ne réalisant qu‘être soi-même, il n’y a rien d’autre à connaître, tout devient connu et tout but est accompli -et sois toujours heureux, sans la moindre trace de pensée.

26. Demeure en tant que Cela qui est atteint facilement quand on est convaincu de n‘être pas différent du Suprême Absolu, d’où résulte, quand la conviction devient ferme, l’expérience de la Suprême Grâce du Réel, ce qui produit un sens de satisfaction incomparable et complète quand l’esprit est absorbé en Lui -et sois heureux, sans la moindre trace de pensée.

27. Demeure en tant que Cela qui conduit à la complète cessation de la misère quand la conscience est absorbée en Lui, et à l’extinction de toutes les idées de “je”, “tu” et “l’autre”, ainsi que la disparition de toutes les différences -et sois heureux toujours, sans la moindre trace de pensée.

28. Demeure en tant que Cela en lequel, quand l’esprit est absorbé en Lui, un demeure sans un second, rien d’autre que soi n’est vu comme existant et l’incomparable grâce est expérimentée -et sois heureux, sans la moindre trace de pensée.

29. Demeure en tant que Cela qui est Etre indifférencié, conscience indifférenciée, Grâce indifférenciée, absolument non-duelle, la Réalité Absolue indifférenciée, et avec la ferme conviction que tu es Cela, sois toujours heureux.

Source

3 thoughts on “Ribhu Gita”

  1. Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
    Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
    Par delà le soleil, par delà les éthers,
    Par delà les confins des sphères étoilées,

    Mon esprit, tu te meus avec agilité,
    Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l’onde,
    Tu sillonnes gaiement l’immensité profonde
    Avec une indicible et mâle volupté.
    Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
    Va te purifier dans l’air supérieur,
    Et bois, comme une pure et divine liqueur,
    Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

    Derrière les ennuis et les vastes chagrins
    Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse,
    Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse
    S‘élancer vers les champs lumineux et sereins ;

    Celui dont les pensers, comme des alouettes,
    Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
    Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
    Le langage des fleurs et des choses muettes !

    Charles Baudelaire

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  2. “At the root of human wisdom is an understanding that we are, at once, both gods and primates.” Earon Davis

    “Across planes of consciousness, we have to live with the paradox that opposite things can be simultaneously true.” Ram Dass

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